Le pape a défendu dimanche l'indissolubilité du mariage et condamné le divorce en s'en référant à l'enseignement de Jésus, inaugurant sur un ton très sévère le synode des évêques sur la famille "dans un contexte social et matrimonial très difficile".
Jorge Bergoglio, particulièrement grave et préoccupé, a commenté l'évangile dans une basilique Saint-Pierre pleine à craquer, à l'ouverture de ce synode qui durera jusqu'au 25 octobre:
"Jésus, face à la demande rhétorique qui lui est faite - probablement comme un piège, pour le faire devenir tout à coup antipathique à la foule qui le suivait et qui pratiquait le divorce comme réalité enracinée et intangible-, répond de manière franche et inattendue : il fait tout remonter à l'origine de la création, pour nous apprendre que Dieu unit les coeurs de deux personnes qui s'aiment et les unit dans l'unité et l'indissolubilité (...) Jésus rétablit ainsi l'ordre qui était à l'origine".
Sans jamais citer les personnes en situation "irrégulière", aux yeux de l'Eglise (divorcés, homosexuels, personnes vivant en union libre), François a par ailleurs rappelé le devoir de la miséricorde, condamnant "une Église aux portes closes, qui, au lieu d'être un pont, devient une barrière".
L'Eglise, a-t-il dit, ne doit "pas pointer du doigt pour juger les autres, mais se sentir le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l'huile de l'accueil et de la miséricorde".
Le pape, qui cite à deux reprises longuement son prédécesseur conservateur Benoît XVI, a fustigé la "solitude", citant "les personnes âgées, abandonnées même de leurs propres enfants ; les veufs et les veuves ; tant d'hommes et de femmes laissés par leur épouse ou par leur mari; tant de jeunes victimes de la culture de la consommation et du déchet"
"Paradoxalement aussi, l'homme d'aujourd'hui - qui ridiculise souvent ce dessein (du mariage) - reste fasciné par tout amour authentique. Nous le voyons suivre les amours temporaires, courir derrière les plaisirs de la chair, mais il désire la donation totale".
"Beaucoup de plaisirs, mais peu d'amour; beaucoup de liberté mais peu d'autonomie... Les personnes qui se sentent seules sont de plus en plus nombreuses, mais aussi celles qui se renferment dans l'égoïsme, la mélancolie, la violence destructrice et l'esclavage du plaisir et du dieu argent".
"Il semblerait, a-t-il fustigé, que les sociétés les plus avancées soient justement celles qui ont le taux le plus bas de natalité et le taux le plus élevé d'avortements, de divorces, de suicides et de pollution environnementale et sociale".
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Synode : le pape condamne avec force le divorce en citant Jésus
AFP / le 04 octobre 2015 à 12h47


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