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Tintin de retour, sous l’œil du critique d’art

« L'Art d'Hergé », de Pierre Sterckx et qui paraît à titre posthume, suit l'évolution du grand dessinateur belge, de la simplicité de ses premiers crayonnés à l'aboutissement de sa fameuse « ligne claire ».

L’album « Les Bijoux de la Castafiore » a été adapté à l’opéra, avec l’acteur belge Amani Picci dans le rôle de Tintin. Eric Vidal/AFP

Y aurait-il encore quelque chose à dire d'original sur l'univers de Tintin et de son auteur Hergé? L'Art d'Hergé, le beau et ultime livre du critique d'art belge Pierre Sterckx, décédé en mai, en apporte la preuve.
Ami proche et spécialiste de l'œuvre d'Hergé, Pierre Sterckx a conçu cet ouvrage, coédité par Gallimard et les éditions Moulinsart et qui sort en librairie cette semaine, à partir des archives du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve, en Belgique. Au fil des pages, on suit l'évolution de l'artiste, de la simplicité de ses premiers crayonnés à l'aboutissement de sa fameuse «ligne claire». Il suffit d'observer avec attention n'importe quelle case d'un des 24 albums de Tintin pour s'apercevoir que chacune d'elle constitue un pur joyau graphique.
Pour aider à s'en rendre compte, Pierre Sterckx a eu la bonne idée d'agrandir certaines de ces cases, notamment extraites du Lotus bleu (1936), album unanimement considéré comme le premier chef-d'œuvre d'Hergé. Outre des illustrations commentées de Tintin (d'abord appelé Totor), des gamins bruxellois Quick et Flupke, et de Jo et Zette, on trouve également dans l'ouvrage de 240 pages des dessins de mode ou des reproductions d'affiches publicitaires imaginées par Hergé dans les années 1930. On y remarque déjà le sens de l'épure du grand dessinateur belge. Chacun des 24 albums est décortiqué et analysé. Les principaux personnages des aventures de Tintin sont également présentés en détail un par un.
Dans l'article consacré au fidèle Milou, le petit chien de Tintin, on apprend que « le tout premier chien d'Hergé, adolescent, se nommait Marie-Louise. On l'appelait ''Milou'' ».

Admiration pour Joan Miro
Pierre Sterckx rappelle aussi que Hergé a longtemps résisté à son éditeur pour passer à la couleur. Il céda «à contrecœur», dit Pierre Sterckx. « Pourtant, fait-il remarquer, la première aventure de Tintin éditée en couleurs, en 1942, est un chef-d'œuvre chromatique.» «Les accords d'azur et d'ocre de L'Étoile mystérieuse vibrent selon un climat d'abord torride, puis glacial», note le critique d'art, qui souligne que «cet accord de bleu-brun clair était celui-là même des grands peintres de la Renaissance depuis Giotto».
La dernière partie du livre fait découvrir la passion d'Hergé pour l'art moderne. Pierre Sterckx fut l'homme qui accompagna Hergé, pendant près de 20 ans, dans l'évolution de sa collection personnelle de peinture, de l'expressionnisme au pop art, de l'abstraction au minimal art. On découvre l'admiration d'Hergé pour Hans Holbein le Jeune, Ingres et Joan Miro, dont, affirme Sterckx, «il s'inspirait». À ce propos, le critique belge démontre les correspondances entre la toile de Miro Intérieur hollandais I, dont une reproduction ornait les murs du bureau professionnel d'Hergé, et la case géante de Tintin au Tibet où le jeune reporter se réveille en sursaut en criant « Tchang ! » Collectionneur, Hergé rassembla des œuvres de Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jean Dubuffet et Lucio Fontana.
L'œuvre d'Hergé devrait encore se retrouver sur le devant de la scène en novembre avec la publication du Feuilleton intégral, une somme, coéditée par Casterman et les éditions Moulinsart, dont l'ambition est de présenter les versions originales des Aventures de Tintin, de Quick et Flupke, et de Jo et Zette telles qu'elles furent publiées dans les journaux Le petit vingtième, Cœurs vaillants, Le Soir et Le Journal de Tintin entre avril 1925 et avril 1976. Au total, 12 volumes de près de 500 pages sont prévus et la parution devrait s'étaler sur six ans.
Outre les aventures en format original (les albums sont venus plus tard et n'avaient pas du tout été prévus, racontait Hergé), ces ouvrages comprendront tout le matériel graphique qui accompagnait les histoires comme les couvertures, les illustrations annexes, les bandeaux-titres. À la fin de chaque ouvrage, des postfaces illustrés de nombreux documents inédits et signés par Jean-Marie Embs, Philippe Mellot et Benoît Peeters, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes de l'œuvre d'Hergé, viendront compléter les œuvres
présentées.

Alain JEAN-ROBERT/AFP

Y aurait-il encore quelque chose à dire d'original sur l'univers de Tintin et de son auteur Hergé? L'Art d'Hergé, le beau et ultime livre du critique d'art belge Pierre Sterckx, décédé en mai, en apporte la preuve.Ami proche et spécialiste de l'œuvre d'Hergé, Pierre Sterckx a conçu cet ouvrage, coédité par Gallimard et les éditions Moulinsart et qui sort en librairie cette semaine, à partir des archives du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve, en Belgique. Au fil des pages, on suit l'évolution de l'artiste, de la simplicité de ses premiers crayonnés à l'aboutissement de sa fameuse «ligne claire». Il suffit d'observer avec attention n'importe quelle case d'un des 24 albums de Tintin pour s'apercevoir que chacune d'elle constitue un pur joyau graphique.Pour aider à s'en rendre compte, Pierre Sterckx a eu la bonne idée...
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