Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Pendant Ce Temps, Ailleurs...

Le « vagin de la reine » cible de vandales antisémites

Provocante, dérangeante, sexuelle, l'œuvre de Kapoor continue de susciter des réactions violentes.

L’artiste controversé, Anish Kapoor, à Versailles, en juin dernier. Stephane de Sakutin/AFP

La sculpture monumentale Dirty Corner d'Anish Kapoor, installée dans les jardins du château de Versailles, a été à nouveau vandalisée dimanche, avec des inscriptions à caractère antisémite, que le plasticien n'entend pas effacer, car désormais « ces mots infamants font partie » d'elle. Cette trompe d'acier à la connotation sexuelle évidente, parfois affublée du surnom de « vagin de la reine », avait déjà été vandalisée en juin par des jets de peinture jaune qui ont été depuis retirés.
Elle a été cette fois-ci recouverte de nombreuses grandes inscriptions à la peinture blanche, a indiqué à l'AFP le château de Versailles : « La reine sacrifiée, deux fois outragée », « SS Sacrifice Sanglant », « le deuxième VIOL de la nation par l'activisme JUIF DÉVIANT ». Ou encore « Juifs tradis et Kabbalistes : ce taré vous met en danger ».
«Mes racines sont multiples. Je suis irakien et juif par ma mère, hindou par mon père, britannique par ma culture, ma vie, ma pratique. Et soudain, on me ramène à une catégorie», a déclaré au Figaro Anish Kapoor, 61 ans.
Cet acte de vandalisme et la nature des inscriptions ont suscité de vives réactions politiques.
Le président François Hollande « dénonce fermement » la dégradation de l'œuvre qui a été « couverte d'inscriptions haineuses et antisémites», a indiqué l'Élysée dans un communiqué. Le Premier ministre Manuel Valls a réagi via Twitter: «Écœurement devant cette alliance de l'infâme et de la réaction. Les dégradations antisémites sur l'œuvre de Kapoor seront punies sévèrement», a-t-il promis. La ministre de la Culture Fleur Pellerin s'est rendue sur place pour constater les dégâts. «Ce n'est ni plus ni moins qu'un acte qui laisse transparaître une vision fasciste de la culture », a-t-elle déclaré. Catherine Pégard, présidente du domaine et du château de Versailles, s'est déclarée «scandalisée qu'on s'en prenne avec les plus abominables références à l'œuvre d'un grand artiste international et, au-delà, au château de Versailles et à la culture ».
La sûreté urbaine de Versailles a été chargée de l'enquête.

« Honte sur la France »
«Le message subliminal, c'est que la France a perdu son lustre d'antan par rapport à d'autres nations. Un message à tendance royaliste », a estimé une source proche de l'enquête.
« On connaît des individus à tendance ultraconservatrice, on a quelques idées sur les gens qui ont le profil... », selon cette source.
Présent en France à l'occasion de la Biennale de Lyon, Anish Kapoor s'est dit « convaincu qu'il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l'antisémitisme que l'on voudrait aussitôt oublier ». Il précise en avoir discuté avec Mmes Pégard et Pellerin.
«Désormais, ces mots infamants font partie de mon œuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels (...) Dirty Corner restera donc ainsi, de notre décision commune, et se montrera ainsi aux visiteurs et aux touristes de Versailles. »
Anish Kapoor dit avoir été « frappé » par la « connexion avec l'actualité terrible entre Syrie et Europe ».
« Voilà ce qui conduit à l'exclusion de nos frères et sœurs syriens. Honte sur la France du seul fait d'une minorité pleine de haine!»
Installé dans l'axe principal du parc, Dirty Corner est un tunnel d'acier rouillé de 60 m de long qui s'ouvre en direction du château par une sorte de trompe, qualifiée de « très sexuelle » par Anish Kapoor. Elle est entourée d'excavations et d'énormes blocs de pierre, certains peints en rouge sang.
Établissement public, le château de Versailles est ouvert depuis plusieurs années à l'art contemporain et certaines expositions, comme celles de Jeff Koons (2008), Takashi Murakami (2010) ou Joana Vasconcelos (2012) dans les appartements royaux, avaient suscité des controverses. Depuis ces épisodes, Mme Pégard, nommée en 2011, fait appel à des artistes censés rechercher des correspondances avec le lieu.
L'exposition Kapoor, qui a ouvert le 9 juin, se tient jusqu'au 1er novembre.

La sculpture monumentale Dirty Corner d'Anish Kapoor, installée dans les jardins du château de Versailles, a été à nouveau vandalisée dimanche, avec des inscriptions à caractère antisémite, que le plasticien n'entend pas effacer, car désormais « ces mots infamants font partie » d'elle. Cette trompe d'acier à la connotation sexuelle évidente, parfois affublée du surnom de « vagin de la reine », avait déjà été vandalisée en juin par des jets de peinture jaune qui ont été depuis retirés.Elle a été cette fois-ci recouverte de nombreuses grandes inscriptions à la peinture blanche, a indiqué à l'AFP le château de Versailles : « La reine sacrifiée, deux fois outragée », « SS Sacrifice Sanglant », « le deuxième VIOL de la nation par l'activisme JUIF DÉVIANT ». Ou encore « Juifs tradis et...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut