Usain Bolt a remporté le 4 x 100 m avec la Jamaïque et réalisé le quatrième triplé de sa carrière en championnats du monde, à Pékin. Fort de ses titres sur 100 et 200 m, Bolt a encore été impressionnant avec la Jamaïque, vainqueur du relais 4 x 100 m en 37”36. Damir Sagolj/Reuters
Coup de tonnerre sur les Mondiaux d'athlétisme qui se sont terminés hier à Pékin : le Kenya, premier au bénéfice des deuxièmes places, et la Jamaïque du roi du sprint Usain Bolt, avec chacun sept titres, ont pour la première fois devancé les États-Unis (six) au tableau des médailles.
Asbel Kiprop, de sa longue foulée, a assuré la première place de la nation africaine en remportant pour la troisième fois le 1 500 m au terme d'une remontée impressionnante. C'est une révolution car la nation africaine avait jusqu'à présent cantonné sa domination au demi-fond et au marathon.
À l'instar de Bolt, qui repart avec trois médailles d'or – une habitude pour lui –, le décathlonien américain Ashton Eaton, auteur du seul record du monde (9 045 pts) de la manifestation, et le Britannique Mo Farah (nouveau doublé 5 000/10 000 m) sont restés maîtres en leurs domaines.
L'Éthiopienne Genzebe Dibaba a failli dans sa quête du doublé inédit 1 500/5 000 m. Cadette d'une illustre famille de sœurs et cousines, elle s'est inclinée sur la plus longue des deux distances face à sa compatriote Almaz Ayana. Blessée au pied gauche, la fraîche recordwoman du monde du 1 500 m s'est consolée avec le triplé de son pays.
Genzebe Dibaba symbolise l'alliance de la nature (génétique) et de la culture. Dans ce répertoire, les sœurs jamaïcaines Danielle et Shermaine Williams ont disputé la finale du 100 m haies. La première, révélation de ces Mondiaux, a même décroché l'or, profitant de la déroute (chutes, disqualification) des hurdleuses US.
C'est le paradoxe du plus universel des sports – 204 pays engagés, dont 43 ont gagné une médaille –, mais cependant soumis aux caractères régionaux, voire particuliers.
Révolution au javelot
Pourtant le premier sport olympique évolue. Longtemps chasse gardée des pays nordiques et de l'ex-rideau de fer, le javelot est devenu africain. Le Kényan Julius Yego (92,72 m) et l'Égyptien Ihab el-Sayed (88,99 m), bras surdoués, s'entraînent en Finlande, la patrie de la discipline, dont le champion olympique, Keshorn Walcott, est d'ailleurs trinidadien.
La Jamaïque des purs sprinteurs élargit aussi son répertoire avec des lanceurs désormais de niveau mondial, même si l'île ne peut pas encore rivaliser avec la Pologne, forte d'une tradition (cinq médailles, dont trois du métal le plus prisé).
Autre image forte de cette 15e édition, la puissance dégagée par la sprinteuse néerlandaise Dafne Schippers, 23 ans, a rappelé Bolt. La blonde d'Utrecht (centre), qui a délaissé l'an dernier les épreuves combinées pour le sprint, a établi le nouveau record continental (21'63"). Pour certains, ce serait même le record du monde, sous-entendu « propre ».
Car de dopage il a été beaucoup question à Pékin. Avant les Mondiaux, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), pourtant à l'avant-garde de la lutte, avait été montrée du doigt pour son supposé laxisme.
Et, pendant la manifestation, les Kényanes Koki Manunga et Joyce Zakary, spécialistes du tour de piste, avec haies basses pour Manunga, ont été contrôlées positives lors « de tests ciblés menés à l'hôtel des athlètes ».
La lutte contre le fléau explique en grande partie l'effondrement de la Russie (seulement quatre médailles, dont deux en or), pourtant première chez elle en 2013, avec notamment la contribution des marcheurs de l'école de Saransk, mis à pied cette fois à titre de précaution.
Records en série
Sur une piste rapide – mais celle de Rio le sera encore plus –, onze records continentaux et 14 meilleures performances mondiales (MPM) de l'année ont souligné le haut niveau des prestations.
Le triple sauteur américain Christian Taylor a bondi à 18,21 m, à seulement huit centimètres de la marque planétaire du Britannique Jonathan Edwards qui résiste depuis 20 ans.
Au niveau de la densité, la palme revient au 400 m messieurs, la course la plus éprouvante du programme. Le Sud-Africain Wayde Van Niekerk, vainqueur en 43 sec 48/100e, a été hospitalisé brièvement. C'était le prix à payer pour faire mieux que l'Américain LaShawn Merritt (43'65") et le Grenadin Kirani James (43'78").
Le Canada est de retour, avec un butin de huit médailles, dont les ors du jeune perchiste Shawnacy Barber, qui a terrassé le Français Renaud Lavillenie, et du plus connu Derek Drouin, vainqueur de la hauteur.
(Source : AFP)


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