La voiture du futur ne sera peut-être pas électrique après tout.
C'est le besoin qui suscite le développement de la technologie. Historiquement, c'est au moment des crises politiques que la science a franchi les bornes du possible. L'ordinateur a vu le jour grâce à l'Anglais Alan Turing qui essaya de déchiffrer le code de la machine allemande Enigma durant la Seconde Guerre mondiale. L'homme a conquis la lune suite à un jeu de « qui est le plus fort » entre deux nations en guerre froide. L'automobile a aussi donné un coup de main à une ou deux de ces innovations, tel le turbo ou le moteur diesel. Et si les événements récents réveillaient l'ingéniosité
libanaise ?
Les déchets ménagers sont constitués en majeure partie de matières organiques, recyclables. Bien que le recyclage ne soit pas très populaire dans notre pays, il est primordial pour une meilleure qualité de vie. Mais les solutions ne se limitent pas seulement à cela. Les obstacles pour transformer les détritus organiques en carburant, par exemple, sont minimes, et la technologie est à portée de main.
L'essence à octane, avec laquelle on nourrit nos véhicules, a une valeur calorifique de 50 mj/kg. Celle de la matière organique varie entre 4 et 5 mj/kg, pouvant arriver au double avec des traitements spécifiques. Il est vrai que ce n'est qu'une fraction de l'énergie dégagée par l'essence, mais une fraction importante. Le potentiel est là. Le but est identifié. Il faut passer à l'exécution ! Avec un peu d'investissement, de recherche et de créativité, un moteur organique peut émerger très bientôt.
Des systèmes similaires sont, ou ont déjà été lancés sur le marché. Nous avions connu les moteurs à vapeur, actionnés par la vapeur et la chaleur dégagées par la combustion de toute sorte de matière, y compris l'eau. Après cette expérience, vint le moteur à combustion interne, qui, à travers l'histoire, a accueilli une multitude de combustibles comme le diesel, l'essence, la benzine et une sélection d'alcools. Contrairement aux convictions populaires, ce sont les alcools qui ont le taux de puissance le plus élevé.
Le traitement, la fermentation et la combustion de nos ordures sont donc tous de bons candidats pour notre objectif. Grâce à une incompétence inouïe, nous sommes riches en matières premières, tellement riches que nous savons quoi en faire. Nos citoyens se sont déjà mis à les brûler, et ce n'est pas faux... Brûlons ces ordures... mais de manière contrôlée et correctement.
L'adaptation ne se limite pas au monde sur 4 roues. La montagne nauséabonde ne fait que grandir alors que notre électricité est de plus en plus rationnée. Tentons de faire de notre lourde pierre deux coups et trouvons des solutions technologiques. Ces nouveaux moteurs peuvent alimenter nos maisons et leur fournir de l'électricité, leurs gaz d'échappements peuvent circuler à travers des tubes pour le chauffage central. D'autres déchets peuvent être réutilisés pour fertiliser de nouveaux espaces forestiers, ou recyclés s'il s'agit de papier et de plastique... les idées sont infinies et elles débordent actuellement dans tous les coins de rues.
Le blâme appartient au passé, la solution à l'avenir. Tournons notre regard vers le futur. Ceci est donc un appel officiel à tous nos jeunes scientifiques et ingénieurs libanais qui ont une passion pour leur pays ainsi que pour l'innovation.

