Le Premier ministre, hier, recevant les députés de la Békaa-Ouest (photo Dalati et Nohra).
« Ne perdons pas la boussole », a affirmé hier le député de la Békaa-Ouest, Ziad Kadri, après avoir rencontré le chef du gouvernement. Le dossier des déchets, a-t-il expliqué en substance, n'est qu'un corollaire. Le problème essentiel est la paralysie des institutions provoquée par le CPL et le Hezbollah.
M. Salam a reçu hier successivement, durant la journée, les députés de la Békaa-Ouest Ziad Kadri, Jamal Jarrah et Amine Wehbé, les ministres Nabil de Freige et Boutros Harb, et la ministre des Déplacés, Alice Chaptini, avec lesquels il a naturellement évalué la situation intérieure.
« Nous avons parlé du développement de la Békaa-Ouest, mais aussi abordé naturellement la situation politique, a dit Ziad Kadri à sa sortie. Ce suicide collectif des Libanais est profondément regrettable. Nous assassinons le pays et son avenir. Le voilà qui se disloque sous nos yeux. Hélas, des forces y assistent comme à un divertissement, alors que la population souffre et que nous souffrons avec elle. »
« Certes, le droit de manifester est reconnu par la Constitution et nous appuyons toutes les pratiques démocratiques, a-t-il ajouté. Mais certaines factions politiques et des éléments infiltrés tentent de prendre en otage le pays en détournant les manifestations. Nous renouvelons notre appui à la stabilité, à l'ordre public et à la paix civile. Pour nous, il s'agit d'une ligne rouge. »
« Nous voyons bien ce qui se passe dans les pays voisins, les guerres et l'anarchie. C'est pourquoi nous considérons la paix civile comme une ligne rouge, a repris le député. À ce sujet, nous rendons hommage aux forces de l'ordre, qui ont eu près de 100 blessés, et adressons un message de salut et d'appui à l'armée. Porter atteinte à ces forces, c'est déstabiliser chaque foyer libanais. »
L'essentiel
« Pour être important, le dossier des déchets demeure un dossier corollaire au dossier principal, a repris M. Kadri. Le dossier principal, c'est celui de la paralysie des institutions provoquée par le CPL et le Hezbollah, qui a empêché l'élection d'un nouveau président de la République, paralysé le Parlement et entravé le travail du gouvernement. À vrai dire, ce que devraient faire tous les Libanais, c'est se rendre place de l'Étoile pour y manifester en faveur de l'élection d'un président de la République. Voilà la clé de la solution. Ne perdons pas la boussole. Telle est la véritable entrée en matière d'une sortie de crise. Le départ du gouvernement, en l'absence d'un président de la République, n'est certainement la solution. Il accentuera l'état d'anarchie politique et constitutionnelle, et nous engagera dans une crise nationale sans issue. »
Chaptini du côté de Bassil et Hajj Hassan
De son côté, après avoir été reçue par M. Salam, la ministre des Déplacés, Alice Chaptini, a estimé que les ministres du CPL participeront à la réunion du Conseil des ministres prévue aujourd'hui. « Le fait même que le général Aoun ait annulé sa conférence de presse le laisse croire, et nous l'en remercions, en attendant de voir ce qui se passera demain (aujourd'hui). »
Tout en manifestant son accord pour la signature de décrets relatifs à la marche ordinaire des affaires des Libanais, Mme Chaptini a affirmé comprendre que, « pour des raisons politiques, il est nécessaire d'avoir le contreseing des 24 ministres au bas de chaque décret. Hier (mardi), j'ai donné raison aux ministres Gebran Bassil et Hussein Hajj Hassan », a-t-elle révélé, tout en affirmant que « cela ne mérite pas pour autant que l'on paralyse le Conseil des ministres ».
« D'ailleurs, a-t-elle ajouté, le Premier ministre leur a promis de leur accorder tout le temps nécessaire pour en discuter. C'est pourquoi je n'ai pas approuvé le fait qu'ils se soient retirés, d'autant que tout le monde sait que le président Salam tient parole. »
Par ailleurs, M. Salam a reçu hier les ambassadeurs de Chypre et de Turquie, en visite d'adieu, ainsi que le président du greffe du TSL.


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