Duo de girafes se regardant dans le blanc des yeux.
Si vous avez envie d'échapper au marasme ambiant, faites un petit saut dans les jardins de la galerie 392Rmeil393* sur lesquels souffle un petit vent de dépaysement et de fantaisie. Vous découvrirez, dans le cadre idyllique que constitue ce jardinet lové entre les anciennes maisons appartenant au domaine Sursock (derrière le palais Cochrane, accès par la rue Goureaud), des troupeaux de moutons en train de paître paisiblement dans un coin de verdure ; des oies en grand conciliabule sous les feuilles d'une plante palmeraie ; un peu plus loin, un duo de girafes se regardant dans le blanc des yeux ; un groupe de gazelles un peu en retrait ; un autre de zèbres promenant leurs rayures entre verdure et vieilles pierres... Mais aussi des poules à la poursuite de leur coq adoré ; des flamants roses s'abreuvant à une fontaine ancienne ; des chameaux étonnés de se retrouver là ; un chien perdu sans collier ou encore des perroquets multicolores suspendus dans les branches des arbres.
Si ce n'est pas le paradis, cela y ressemble. Oubliée la moiteur de ce mois d'août puant. Effacée de nos yeux la laideur des blocs de béton qui défigurent la ville. L'espace d'une brève visite, on a presque l'impression de se glisser dans le jardin de Noé avant l'embarquement sur sa fameuse arche. D'ailleurs, on aimerait bien embarquer nous aussi, prendre le large, fuir ce pays de déchets et de pourritures...
Oui mais voilà, retour à la réalité. Celle, entre autres, de l'origine de ces animaux cohabitant si paisiblement dans un coin vert beyrouthin. Il s'agit, vous l'aurez deviné, de sculptures. Réalisées suivant une technique artisanale sud-africaine, au moyen de dizaine de milliers de petites perles de verre enfilées sur des structures de fils de fer, elles ont été fabriquées à la main par des réfugiés zimbabwéens en Afrique du Sud. Et cela à l'initiative d'Amanda Knight, une Sud-Africaine qui, avec l'aide de deux de ses amies, la Libanaise Leila Sbaiti et la Néo-Zélandaise Nick Dallas, en a conçu le design. Une belle manière d'offrir à ces migrants ayant fui l'instabilité politique et la crise économico-alimentaire chez eux un travail leur donnant des moyens de subsistance.
Labellisée Collection Skaaperelli, cette série est exposée/installée à Beyrouth jusqu'au 19 septembre. Évidemment, le charme du lieu contribue largement à rehausser la beauté des pièces de cette « installation ». Qui n'en reste pas moins une bonne idée à reproduire localement !
*Gemmayzé, rue Gouraud (près de la Croix-Rouge). Du mardi au samedi, de 11h à 19h ; dimanche de 14h à 18h. Tél. : 01-567015.

