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Culture - Exposition

La passion selon « Matilda »

C'est l'histoire d'un amour fou que raconte Sara Abou Mrad à travers ses dessins, encres, gravures et peintures accrochés sous l'intitulé « Matilda » aux cimaises de la galerie 392Rmeil393.

De la série des Matilda (huile et encre de Chine sur fond d’acrylique).

Le 29 septembre 2014, une femme nue émergeait des eaux... sur un papier à dessiner. Ce jour-là, le personnage de Matilda naissait, spontanément, du coup de crayon de Sara Abou Mrad. Et de son gros chagrin d'amour. « La dessiner m'a aidée à sortir de cette impression que j'avais de me noyer », confie en toute sincérité cette artiste de 27 ans, amoureuse folle d'un homme lointain.
Silhouette toute en ondulations, un peu sirène, un peu ectoplasme, cette Matilda aux grands yeux expressifs allait, à partir de là, se pointer quasi-quotidiennement dans les sketches sur papier moleskine de Sara Abou Mrad. Surgissant au gré des débordements émotionnels de la jeune femme en proie à une histoire d'amour aussi dévorante que fluctuante, l'ondoyante – et défragmentée – figure féminine est ainsi devenue le double pictural, presque la confidente, de son auteure. Un être de papier qui exprimait toute la palette des sentiments, émotions et états d'âme de Sara tourmentée entre tristesse, doutes, espoirs, rêveries, attentes et fantasmes.
Évidemment, dans l'univers de Matilda-Sara plane l'ombre de l'amant mystérieux, symboliquement représenté sous forme d'un oiseau voyageur. Un oiseau se déplaçant entre New York, où il vit, et la Békaa, sa terre natale. Un oiseau aux retours tant attendus et que la créature ondine rêve de capturer une fois pour toutes. Et qui, néanmoins, les ailes souvent repliées, semble plutôt lui dépecer le cœur, parfois même le corps, de sa présence-absence.
Sara Abou Mrad raconte cette histoire sans tabous ni faux-semblants. À sa manière, à travers une série de 80 dessins à l'encre, quelques peintures et quelques gravures à l'influence dalienne très marquée. Toujours accompagnées de titres explicites, ces œuvres mêlant surréalisme et mouvement sont de facture parfois inégale. « En fait, certaines sont inachevées. Et cela est dû à la fugacité de l'émotion. Une fois celle-ci retombée, je ne pouvais plus continuer mon dessin », donne-t-elle en guise d'explication, tenant néanmoins à tout exposer. Le bon et le moins bon de sa production artistico-amoureuse de l'année écoulée. « Ces dessins ont été mon exutoire, l'exposition est aussi une forme de thérapie », confie cette brune sympathique au visage aujourd'hui rayonnant.
L'amour donne des ailes, dit-on. Ou alors du talent. Celui de Sara Abou Mrad avait déjà attiré l'attention du jury de Jabal (le Salon des jeunes artistes des beaux-arts au Liban) ainsi que celle du galeriste Fadi Mogabgab qui expose, depuis 2 ou 3 ans, ses gravures. Sa passion douloureuse aura certainement contribué à développer le potentiel de cette jeune artiste à l'expression aussi personnelle que prometteuse. À découvrir à la galerie 392Rmeil393, jusqu'au 26 août*.

*Gemmayzeh, rue Gouraud (près de la Croix-Rouge). Du mardi au samedi de 11h à 19h, dimanche de 14h à 18h. Tél. : 01/567015.

Le 29 septembre 2014, une femme nue émergeait des eaux... sur un papier à dessiner. Ce jour-là, le personnage de Matilda naissait, spontanément, du coup de crayon de Sara Abou Mrad. Et de son gros chagrin d'amour. « La dessiner m'a aidée à sortir de cette impression que j'avais de me noyer », confie en toute sincérité cette artiste de 27 ans, amoureuse folle d'un homme lointain.Silhouette toute en ondulations, un peu sirène, un peu ectoplasme, cette Matilda aux grands yeux expressifs allait, à partir de là, se pointer quasi-quotidiennement dans les sketches sur papier moleskine de Sara Abou Mrad. Surgissant au gré des débordements émotionnels de la jeune femme en proie à une histoire d'amour aussi dévorante que fluctuante, l'ondoyante – et défragmentée – figure féminine est ainsi devenue le double pictural,...
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