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Culture - Exposition

« Art Pauvre » (pour riches ?) au Metropolitan Art Society

De l'art contemporain international, comme toujours à la Metropolitan Art Society (MAS). En provenance cette fois de la galerie italienne Franco Noero, qui présente une sélection de ses artistes maison, dont quelques membres prééminents du mouvement de l'Arte Povera.

« Carpetmania (When Josef met Victor) », tapisserie signée Francesco Vezzoli.

« L'idée est de montrer comment la peinture est déclinée par les artistes contemporains. Comment son héritage se fait sentir dans leurs œuvres, que ce soit de manière directe ou à travers des pratiques impliquant des formes d'expression qui pourraient être considérées comme plus radicales », indique Marie-Mathilde Gannat, coordinatrice artistique à la Metropolitan Art Society.
À travers un choix d'œuvres de 9 artistes plasticiens de la galerie turinoise Franco Noero, rassemblées sous l'intitulé « De Pictura – Volume III », l'exposition organisée à la Metropolitan Art Society (MAS) met en perspective les références picturales classiques, dadaïstes, abstraites ou encore de l'Arte Povera qui sous-tendent les créations contemporaines.

Des déchets (aussi !) en photo
Parmi les pièces intéressantes exposées au MAS, jusqu'au 3 septembre, les tableaux d'Andrew Dadson, un artiste canadien trentenaire qui inscrit son travail dans la lignée des courants nihilistes, suprématistes et abstraits. Ses huiles faussement monochromes, en noir ou blanc, sont en fait réalisées au moyen d'une compression de couleurs primaires qui forment, par l'accumulation de couches pâteuses et multicolores, le cadre intrinsèque à sa peinture. Dans un tout autre registre, presque a contrario de ses idées précitées, Dadson célèbre dans 2 grandes photographies (de très belles images de décharges cernées de végétation) ou encore à travers une installation (celle d'arbustes au feuillage entièrement recouvert de peinture noire placés sous des lampes chauffantes, qui donnent vie à de nouvelles pousses vertes) la force de la nature qui se régénère en dépit de tous les carnages et pollutions. Un thème qui tombe à pic en ces temps de poubelles à Beyrouth !
Autres pièces-phares de cette exposition : une peinture de la série « Ultramarine » signée Giovanni Anselmo. Une œuvre monochromatique réalisée directement sur le mur du hall central du Metropolitan par... l'un des assistants de cet artiste de 81 ans considéré comme l'un des chefs de file de « l'art pauvre ». Et qui, depuis 1979 jusqu'aujourd'hui, poursuit ce projet pictural basé sur l'utilisation d'un pigment unique (obtenu au moyen du lapis lazuli broyé). Lequel, par sa seule force, va amener le spectateur à se projeter hors de l'espace cloisonné de la salle d'exposition, voire même carrément dans les énergies ultramarines des profondeurs aquatiques ou cosmiques.

Des zèbres et des larmes
Francesco Vezzoli, lui, tisse des larmes et des paillettes sur des portraits classiques réinterprétés. Mais cet artiste transalpin brode aussi, dans la plus pure tradition des Gobelins, des tapisseries à travers lesquelles il revisite l'histoire de l'art moderne occidental. Dans un grand panneau occupant le mur du fond de la salle, entièrement fait main et intitulé Josef & Victor, deux zèbres placés au centre d'une série de carrés, intégrés les uns dans les autres, renvoient explicitement au Zebra, œuvre fondatrice de l'op art de Victor Vasarely et à la série d' « Hommage au carré » du plasticien-coloriste Josef Albers.
Toutes les pièces présentées par la galerie italienne à Beyrouth ne sont évidemment pas d'égal intérêt. Ainsi, malgré ses rangées de vis et rivets sur toile libre, cette œuvre d'Henrik Olesen, artiste conceptuel danois, est loin d'être le clou de l'exposition. Tout comme les peintures « récupérées » et entièrement enveloppées de fils de laine par l'artiste italienne Lara Favaretto qui, en dépit de leur étiquette néo-dadaïste et Arte Povera irrévérencieusement mêlés, ne sont pas vraiment convaincantes. Volonté de protéger, de flouter, d'insuffler du mystère et de jouer sur l'ambiguïté du rapport à l'art ?
Les férus de formalisme abstrait apprécieront, eux par contre, les Quatre trapèzes de Carla Accardi (1924-2014) qui fut l'une des plus importantes figures féministes de l'art italien, cofondatrice de Forma Uno, un mouvement artistique inspiré notamment du marxisme. Et les anticonsuméristes engagés apprécieront, sans doute, l'humoristique autoportrait (ressemblant ou pas), réalisé sans aucun recours à la peinture, par simple assemblage d'un rouleau d'isolation en aluminium, de l'artiste conceptuel Gabriel Kuri (sans doute d'origine libanaise). Lequel, à travers son travail sur la déhiérarchisation des matériaux et de l'objet artistique, détourne tous les codes de la société de consommation. En élaborant, par exemple, à partir de simples coupons de caisses de supermarchés alignés sur toile, des tableaux, pour le moins qu'on puisse dire, d'esprit très Arte Povera mâtiné de Ready-made ! Un art qui, vu son prix, s'adresse toutefois à des amateurs très « gauche caviar ».

*Jusqu'au 3 septembre, de 11h à 19h, du mardi au dimanche (inclus). Tél. : 70/366969.

« L'idée est de montrer comment la peinture est déclinée par les artistes contemporains. Comment son héritage se fait sentir dans leurs œuvres, que ce soit de manière directe ou à travers des pratiques impliquant des formes d'expression qui pourraient être considérées comme plus radicales », indique Marie-Mathilde Gannat, coordinatrice artistique à la Metropolitan Art Society.À travers un choix d'œuvres de 9 artistes plasticiens de la galerie turinoise Franco Noero, rassemblées sous l'intitulé « De Pictura – Volume III », l'exposition organisée à la Metropolitan Art Society (MAS) met en perspective les références picturales classiques, dadaïstes, abstraites ou encore de l'Arte Povera qui sous-tendent les créations contemporaines.
Des déchets (aussi !) en photoParmi les pièces intéressantes exposées au...
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