Trois ans déjà que le groupe de Leeds déchaîne les passions et fait fondre les palpitants des amoureux de l'indie pop. Le quatuor s'est fait connaître en 2012 avec l'étourdissant album An Awesome Wave. Distingué par le prestigieux Mercury Prize, ce premier essai a fait décoller leur popularité d'une manière exponentielle. En quelques mois, leurs chansons Tessellate, Breezeblocks, Something Good ou encore Matilda ont résonné depuis les pubs négligés jusqu'aux salles de concerts huppées de toute l'Europe. Les mélodies organiques et tourmentées de ces diplômés de littérature anglaise ont instantanément charmé les auditeurs. Avec le symbole triangulaire du delta comme patronyme, alt-J marque par sa capacité à produire des morceaux très sombres et d'autres éclatants. Un grand écart émotionnel auquel les voix nasillardes du chanteur Joe Newman et du claviériste Gus Unger-Hamilton ne sont pas étrangères. Malgré le départ du bassiste Gwil Sainsbury – remplacé par Cameron Knight – et la pression issue de leur succès soudain, le quatuor a une nouvelle fois surpris l'an dernier avec This Is All Yours. Les flèches décochées par les musiciens d'alt-J ne ratent jamais leurs cibles : elles transpercent les cœurs quoi qu'il arrive.
B.L.
* Dès 20h30, avec Who Killed Bruce Lee en première partie.

