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Liban

Poursuites contre les cinq militaires impliqués dans les sévices à Roumieh

La vidéo sur les sévices visant des islamistes dans la prison de Roumieh continue de provoquer des réactions. Pour les ONG qui défendent les droits de l'homme, la torture est une monnaie courante dans tous les lieux de détention du pays.

M. Bou Saab a discuté de la situation des prisons avec une délégation du Conseil orthodoxe libanais.

Le premier juge d'instruction militaire, Riad Abou Ghida, a engagé des poursuites, hier, contre les cinq militaires impliqués dans la torture des prisonniers islamistes à Roumieh. Ces cinq militaires ont paru, dans une vidéo diffusée la semaine dernière sur divers médias sociaux et par toutes les chaînes de télévision, infligeant des sévices à un groupe de prisonniers.
Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a, de son côté, présidé une réunion sécuritaire à laquelle ont pris part le chef de la gendarmerie, le général Joseph Hélou, le commandant des FSI pour la région du Mont-Liban, le général Jihad Howayek, et le conseiller du ministre pour le dossier des prisons, le général Mounir Chehban.
M. Machnouk a appelé les militaires concernés à « suivre au jour le jour la situation dans la prison de Roumieh sur les plans humain, sécuritaire et logistique », notant qu'il veillera lui-même au suivi de ce dossier. Il a également souligné la nécessité de « mettre à la disposition des proches des détenus, venus leur rendre visite à Roumieh, des bus pour les transporter à partir de la porte d'entrée de la prison ».

Le CICR
Le ministre de l'Intérieur s'est aussi réuni avec une délégation du Comité international de la Croix-Rouge, présidée par Fabrizio Carboni. La situation de la prison de Roumieh était au cœur des discussions.
Dans une déclaration à la presse, M. Carboni a manifesté son « inquiétude concernant les coups assénés aux prisonniers, et cela quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été emprisonnés ». « Ils doivent être traités humainement, a-t-il affirmé. Le Liban est un pays qui coopère avec le CICR. Les autorités nous ont permis d'inspecter toutes les prisons du pays. Tout se passe bien, mais nous estimons que nous pouvons agir ensemble pour améliorer la situation des prisons », a-t-il poursuivi.
« Nous avons appelé M. Machnouk à donner ses directives à tous les services sécuritaires qui mènent des interrogatoires afin qu'ils respectent les critères humanitaires avec ceux qui sont interrogés et qu'ils veillent que les droits humains de ces prisonniers soient respectés », a déclaré M. Carboni. « Nous sommes prêts à former les personnes menant les interrogatoires et à soutenir leurs efforts pour qu'elles respectent les droits de l'homme. Nous proposons également de réhabiliter les prisons afin d'assurer l'environnement adéquat aussi bien aux forces de l'ordre qu'aux prisonniers », a noté M. Carboni.
Il a annoncé que le CICR a proposé de consacrer un million de dollars pour réhabiliter les prisons libanaises, notamment celles de Tripoli et de Zahlé. « Nous appelons les autorités à accepter rapidement cette proposition afin que le projet soit entamé, a ajouté le responsable humanitaire. Nous poursuivrons nos visites aux prisons et nous espérons que la situation s'améliorera d'ici à la fin de l'année », a-t-il dit.
La réhabilitation des prisons était également au cœur d'une réunion entre le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Élias Bou Saab, et une délégation du Conseil orthodoxe libanais, comprenant son président Robert Abiad et le président de l'Association orthodoxe de soutien aux prisonniers, le père Basilios Debs.

« Un échantillon de ce qui arrive tous les jours en prison »
Les associations libanaises qui s'occupent des droits de l'homme continuent, de leur côté, à dénoncer la torture dans les prisons du Liban.
Dans ce cadre, le Centre libanais des droits de l'homme a souligné dans un communiqué que « la vidéo de la prison de Roumieh n'est qu'un échantillon de ce qui se passe tous les jours dans les prisons, les gendarmeries, les lieux de détention et lors des interrogatoires au Liban ». « La torture dans le pays se poursuit intensivement et cela sans que les autorités n'agissent – ou ne montrent de la bonne volonté – pour trouver une solution, indique le communiqué. Les responsables politiques n'appellent à l'ouverture d'enquêtes que lorsque leur image est fortement ternie, comme cela a été le cas avec la vidéo diffusée par les médias sociaux et les télévisions. »
Le communiqué cite une étude menée par le centre et selon laquelle « 60 % des personnes – hommes et femmes – qui ont été arrêtées au Liban de 2009 à 2014 ont été torturées ». « Les informations dont disposent les ONG locales et les organisations internationales ne font pas l'objet d'un suivi menant à l'ouverture d'une enquête », note encore le communiqué.
De son côté, l'association Wahdatouna khalassouna a publié un communiqué soulignant que « la vidéo de Roumieh a rendu publique la torture pratiquée dans les gendarmeries des FSI, dans toutes les prisons du pays et même dans les geôles de la direction des services de renseignements de l'armée, et cela malgré les stages de sensibilisation aux droits de l'homme qui ont été effectués auprès des responsables de ces lieux de détention ».
« La loi libanaise interdit la torture, quel que soit l'acte commis par un prisonnier, car il n'en demeure pas moins un être humain », souligne l'association.

Le premier juge d'instruction militaire, Riad Abou Ghida, a engagé des poursuites, hier, contre les cinq militaires impliqués dans la torture des prisonniers islamistes à Roumieh. Ces cinq militaires ont paru, dans une vidéo diffusée la semaine dernière sur divers médias sociaux et par toutes les chaînes de télévision, infligeant des sévices à un groupe de prisonniers.Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a, de son côté, présidé une réunion sécuritaire à laquelle ont pris part le chef de la gendarmerie, le général Joseph Hélou, le commandant des FSI pour la région du Mont-Liban, le général Jihad Howayek, et le conseiller du ministre pour le dossier des prisons, le général Mounir Chehban.M. Machnouk a appelé les militaires concernés à « suivre au jour le jour la situation dans la prison de Roumieh...
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