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Sport - Football

Nouveau front judiciaire contre Neymar, au pire moment...

En pleine Copa America, l'Audience nationale de Madrid va enquêter sur une plainte pour « escroquerie » et « corruption » visant le joueur brésilien, son père, le Barça et son précédent club, Santos.

Neymar da Silva Santos Junior, la star du FC Barcelone, et Josep Maria Bartomeu, le président du club catalan. Photos Fabrice Coffrini et Pierre-Philippe Marcou/AFP

Nouveau volet dans l'affaire Neymar : la justice espagnole a ouvert une enquête pour « escroquerie » autour du transfert du Brésilien au FC Barcelone, un coup de tonnerre en pleine Copa America et à un mois des élections à la présidence du club.
L'Audience nationale de Madrid va enquêter sur une plainte visant Neymar, son père, le Barça et son précédent club, Santos, selon une décision annoncée hier. Sont aussi visés l'ancien président barcelonais Sandro Rosell et son successeur Josep Maria Bartomeu, candidat à un nouveau mandat lors du scrutin prévu le 18 juillet. La plainte pour « escroquerie » et « corruption » a été déposée par le fonds d'investissement brésilien DIS, qui détenait 40 % des droits sportifs de Neymar quand il jouait à Santos. DIS, qui avait aussi lancé en 2014 une procédure au Brésil, a régulièrement réclamé une part des bénéfices réels du transfert minimisés, selon lui, par le Barça et Santos.
L'opération avait été initialement évaluée à 57,1 millions d'euros par le club catalan en mai 2013. Mais la justice espagnole a chiffré le montant payé par le Barça à au moins 83,3 millions d'euros. DIS, qui a reçu une part de 6,8 millions d'euros sur les 17,1 millions versés à Santos, estime, dans sa plainte, avoir été floué de deux manières : d'abord par un accord entre Neymar et le Barça à hauteur de 40 millions d'euros, qui a selon DIS empêché d'autres clubs de surenchérir et contourné la libre concurrence, ce qui pourrait constituer un « délit de corruption entre particuliers ».

Multiples volets
L'autre délit présumé concerne les accords entre le Barça et Santos, qui pourraient être passibles d'un délit « d'escroquerie par simulation contractuelle ». DIS estime que certains contrats annexes ont servi à occulter le montant réel versé au club brésilien, donc la vraie part due au fonds d'investissement.
Avec l'enquête annoncée hier s'ouvre donc un nouveau volet dans une affaire qui ne cesse d'empoisonner le club catalan depuis fin 2013. Visé par une plainte déposée par un « socio » (supporteur-actionnaire) du club et retirée depuis, le président Sandro Rosell (2010-2014) avait été contraint à la démission en janvier 2014, cédant la place à Bartomeu, son bras droit. Cette plainte avait conduit la justice espagnole à s'intéresser dans un deuxième temps au volet fiscal de l'opération : soupçonnés d'avoir dissimulé au Trésor public le montant réel du transfert, Rosell, Bartomeu et le Barça ont été inculpés pour délit fiscal par la justice espagnole, qui a décidé le 13 mai de les renvoyer devant un tribunal.
Au Brésil, la presse a fait état de l'ouverture prochaine d'une enquête pour évasion fiscale par les autorités douanières.
Enfin, dans un quatrième volet, le club Santos a annoncé fin mai des poursuites devant la Fifa contre le Barça, Neymar, son père et l'entreprise Neymar Sports & Marketing pour des irrégularités lors du transfert du joueur.

La campagne de Bartomeu perturbée ?
Cette avalanche de procédures intervient au pire moment pour Neymar et Bartomeu, après un printemps doré où le club barcelonais a décroché un fabuleux triplé Liga-Coupe-Ligue des champions, comme en 2009.
Neymar, buteur en finale de la C1 contre la Juventus Turin (3-1), a pris une part active à ces triomphes, avant de rejoindre sa sélection au Chili pour disputer la Copa America. Reste à savoir si ces nouveaux déboires judiciaires ne vont pas peser sur les performances du capitaine du Brésil.
Pour Josep Maria Bartomeu, ce nouveau rebondissement vient gâcher une fin de mandat réussie sur le plan sportif et financier. Le président sortant risque de voir sa campagne électorale perturbée par l'affaire et la situation pourrait profiter à l'ancien président Joan Laporta (2003-2010), qui a officialisé mardi sa candidature.
En attendant l'issue des procédures, une chose est sûre : les 110 000 « socios » en âge de voter auront sans doute le dernier mot le 18 juillet.
(Source : AFP)

 

Neymar face à Zuñiga, son bourreau du Mondial
Le 4 juillet 2014, Neymar quittait le terrain et le Mondial sur une civière en quart de finale. Hier dans la nuit, la superstar du Brésil devait recroiser en Copa America celui qui l'avait spectaculairement blessé, le défenseur colombien Juan Camilo Zuñiga. L'arrière droit aura la pression, comme toute son équipe : la Colombie ferait mieux de battre le Brésil si elle veut rester dans la compétition (le match était prévu à 03h00 ce matin heure libanaise). Près d'un an plus tôt, les deux équipes s'étaient affrontées en quart de finale de la Coupe du monde. La victoire de la Seleçao (2-1) avait été amère : dans les dernières minutes du match, en luttant pour le ballon, Zuñiga, qui pesait alors 10 kilos de plus que Neymar, lui avait assené un grand coup de genou dans le dos. Avec une vertèbre fracturée, le n° 10 du Brésil, évacué du stade en ambulance, disait adieu au Mondial. Quatre jours plus tard, les Auriverde, privés de leur atout-clé, s'effondraient face à l'Allemagne qui leur infligeait une humiliation historique en demi-finale (7-1). Après ce quart, qui avait mis fin au parcours jusque-là séduisant des Cafeteros, Zuñiga avait reçu des menaces de mort et des insultes racistes via les réseaux sociaux de la part de supporteurs brésiliens en colère. Il s'était confondu en excuses, dans une lettre publiée sur Internet. Et Neymar avait assuré ne pas lui en garder rancœur.

 

Le Brésilien du Barça, seul gardien des vestiges du « jogo bonito »
Star du Brésil, Neymar est le premier dans l'ordre de succession actuel au trône du roi Pelé.
Mais à son époque, Edson Arantes do Nascimento n'était pas seul à symboliser un jeu créatif et dansant, alors que le joueur du Barça est obligé de tout faire. Un but et une passe décisive : contre le Pérou dimanche dernier, le n° 10 du pays du foot roi a encore fait parler son talent pur.
La presse chilienne l'a qualifié « d'extraterrestre », à juste titre. Mais il est bien seul à entretenir l'étincelle du « jogo bonito » (beau jeu) oublié du Brésil, au milieu d'une équipe aux individualités plus que moyennes. Le « garoto » (garçon) n'est pas bien entouré en sélection, loin d'un Barça où il est épaulé par les monstres Lionel Messi (Argentine), Luis Suarez (Uruguay, privé de la Copa America pour sa célèbre morsure au Mondial) et Andres Iniesta (Espagne). Audacieux, les pieds de Neymar le sont. Mais la défense est plutôt en crise de confiance, qualifiée « d'humble » par le sélectionneur Dunga, conscient qu'il dirige une équipe victorieuse mais pas impériale.

Nouveau volet dans l'affaire Neymar : la justice espagnole a ouvert une enquête pour « escroquerie » autour du transfert du Brésilien au FC Barcelone, un coup de tonnerre en pleine Copa America et à un mois des élections à la présidence du club.L'Audience nationale de Madrid va enquêter sur une plainte visant Neymar, son père, le Barça et son précédent club, Santos, selon une décision annoncée hier. Sont aussi visés l'ancien président barcelonais Sandro Rosell et son successeur Josep Maria Bartomeu, candidat à un nouveau mandat lors du scrutin prévu le 18 juillet. La plainte pour « escroquerie » et « corruption » a été déposée par le fonds d'investissement brésilien DIS, qui détenait 40 % des droits sportifs de Neymar quand il jouait à Santos. DIS, qui avait aussi lancé en 2014 une procédure au...
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