Ralph Masri, amoureux inconditionnel du bijou. Photo DR
Tout commence par une enfance et une adolescence nomades, ballottées entre le Liban, le Canada, la France et enfin le Royaume-Uni, où Ralph Masri, londonien d'adoption, fait de brillantes études de design de bijoux à Central St Martins. Dès la première année, il se distingue en remportant le prix Swarovski grâce auquel il a l'opportunité de suivre une formation dans les ateliers du géant autrichien des cristaux. En deuxième année, nouvel exploit, il est à 20 ans le plus jeune lauréat du UK Jewellery Award, une haute distinction qui lui ouvre les portes des enseignes de bijoux les plus prestigieuses d'Europe. En 2011, à peine diplômé, il est prêt à fonder sa propre marque. C'est à Beyrouth qu'il choisit de s'implanter, un choix qui peut sembler fou au départ, mais qui s'avère raisonnable en termes de main-d'œuvre spécialisée et de répercussions médiatiques. Amoureux inconditionnel du bijou in-se, sans considération particulière pour sa valeur ou sa rareté, Ralph Masri s'intéresse avant tout à l'émotion que procurent formes et couleurs avec, toujours, une histoire en filigrane.
Dentelles et arabesques
Sa première collection, A Trace of Lace, happée en Europe et aux États-Unis, décline des bracelets manchettes en or ou argent, sertis ou pas de pierres fines et précieuses, travaillés avec la complexité de la dentelle. En forme de papillons géants, ils se cintrent vers le milieu du motif, affinant le poignet avec grâce, légers, prêts à s'envoler. L'année suivante, Ralph Masri revient avec Arabesque Déco. Comme son nom l'indique, cette nouvelle ligne, déclinée en bagues, boucles d'oreilles, pendentifs et bracelets, interprète les motifs géométriques de l'art islamique dans un esprit Art déco rationnel et dépouillé. Le simple module étoilé choisi à la base se multiplie à l'infini avec des effets de kaléidoscope. La collection, arrachée par les acheteurs pour Dubaï, Koweït et les États-Unis, est un succès.
L'art sacré du vitrail
Pour cette nouvelle saison, Ralph Masri propose une ligne baptisée Sacred Windows. Après l'architecture islamique, voici les cathédrales gothiques et romanes qui déploient leurs fenêtres en ogives et leurs vitraux sacrés, en miniature sur des boucles d'oreilles en or rose serties de rubis et soulignées de rangées de brillants, des bagues minimalistes en améthystes ou grenats tsavorites mauves entourés de saphirs, ou des pendentifs en péridot vert aux pourtours pavés de diamants. La forme des fenêtres gothiques, simple et structurée, se prête au jeu des couleurs et se décline en versions plus ou moins précieuses, dépouillées pour le jour, plus recherchées en soirée. Aussi mystérieux que sacrés, ces bijoux, avec leur supplément d'âme, ont été dessinés avec ferveur comme pour enchanter les anges.
À la conquête du monde
Comme un bonheur ne vient jamais seul, Ralph Masri a été sélectionné parmi cinq jeunes « étoiles montantes » choisies par le jury Rising Stars 2015 du JCK, Salon californien du bijou, pour faire leurs débuts à Las Vegas dans le cadre de cet événement mondial annuel. Aux côtés d'Arya Esha, des jumelles Dao Fournier, de Heather Guidero et de Marcia Budet, le nom de Ralph Masri, à travers ses « fenêtres sacrées », portera les couleurs du Liban teintées de raffinement et d'une touche conjuratoire de mysticisme.

