Un haut responsable militaire iranien a appelé dimanche le Parlement à augmenter le budget des forces armées face à la menace de l'organisation Etat islamique (EI) dans les pays frontaliers.
"Nous devons faire face à une nouvelle forme de menace dans la région. Les groupes terroristes sont près de nos frontières", a affirmé le général Ahmad-Reza Pourdastan, commandant de l'armée de terre, dans un discours devant les députés, selon les médias iraniens. "Nous voyons aujourd'hui la présence de Daech (acronyme arabe de l'EI) en Afghanistan et au Pakistan", a-t-il dit. "L'armée de terre et les Gardiens de la révolution doivent être renforcées pour acheter des chars, des véhicules de transports, et remettre en état nos hélicoptères". "Aujourd'hui, la bataille est terrestre", a-t-il ajouté alors que l'armée de terre mène depuis plusieurs jours des manoeuvres à la frontière irakienne.
Selon les médias, le budget de la défense pour l'année iranienne en cours (mars 2015-mars 2016) a été augmenté de plus de 30% à près de 10 milliards de dollars (au taux officiel) auxquels s'ajoute 1,2 milliard de dollars provenant du fonds souverain du pays. L'EI a revendiqué sa première attaque au Pakistan le 13 mai, qui a fait une quarantaine de morts parmi la minorité chiite à Karachi. En avril, un ex-porte-parole des talibans pakistanais, limogé après avoir fait allégeance à l'EI, avait déjà revendiqué un attentat-suicide ayant fait une trentaine de morts à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan. Mais l'EI n'a pas confirmé être derrière cet attentat.
Lors de l'offensive de l'EI en Irak en juin 2014, "les terroristes étaient arrivés à Jalula (à 40 km de la frontière iranienne) et leur prochaine étape était Khaneghein pour ensuite entrer dans notre pays", a affirmé le général Pourdastan. "En moins de trois jours, nous avons dépêché cinq brigades à la frontières et nos hélicoptères de reconnaissances sont même allés 40 km à l'intérieur de l'Irak", a-t-il précisé.
Puissance chiite régionale, l'Iran est déjà engagé contre les jihadistes de l'EI avec la présence de conseillers militaires et un soutien financier et militaire aux gouvernements syrien et irakien.
Les médias iraniens accusent les Etats-Unis, certains pays européens ainsi que l'Arabie Saoudite et ses alliés arabes sunnites de favoriser la présence dans la région de l'EI et du Front al-Nosra, lié à el-Qaëda, qui considèrent les chiites comme des infidèles.
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Iran: un général veut augmenter le budget militaire pour contrer l'EI
AFP / le 24 mai 2015 à 14h30


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