Le mufti de la République, cheikh Abdel Latif Deriane, a approuvé hier les résultats des élections du Conseil supérieur islamique chérié et des conseils administratifs des waqfs islamiques.
Celles-ci ont été organisées dimanche, rappelle-t-on, pour la première fois depuis 10 ans, la troisième dans l'histoire du Conseil et la deuxième dans celle des conseils administratifs des waqfs, comme l'a relevé hier le chef du bloc parlementaire du courant du Futur, Fouad Siniora. Celui-ci s'est félicité, dans une déclaration, du succès de « cette expérience démocratique, notamment en cette période, la consultation d'hier (dimanche) ayant constitué une réponse puissante à tous ceux qui essaient de déformer l'image des musulmans au Liban ».
« Les musulmans du Liban ont prouvé qu'ils ne reculent pas devant les pressions et les tentatives d'hégémonie sur leurs institutions religieuses et civiles. Leur pari sur l'État, l'ordre et la loi est réussi et confirme en même temps le processus de modération, d'ouverture et de progrès suivi en vue d'un développement islamique », a poursuivi M. Siniora qui a ensuite mis l'accent sur le développement et les réformes à venir sous la houlette du mufti.
Abondant dans le même sens, l'ancien ministre Mohammad Meskaoui s'est félicité d'un « pas franchi en direction du développement » des institutions islamiques. Il a expliqué qu'après l'élection de 24 membres du Conseil supérieur islamique chérié, « le mufti doit nommer huit membres pour compléter la composition de cette institution ». M. Meskaoui a mis l'accent sur l'importance de la présence du chef ou d'anciens chefs du gouvernement au sein du Conseil, « ou, du moins, de personnalités de leur calibre ».
La même idée de développement a été également exprimée par M. Imad Hout, député de la Jamaa islamiya, qui a estimé que les élus « devraient maintenant laisser de côté leur appartenance politique pour planifier ensemble ce qui peut servir l'intérêt islamique supérieur ».
Si le chef du Rassemblement de la modération civile, l'ancien député Misbah Ahdab, a présenté ses vœux aux élus, il n'en a pas moins critiqué les élections, déplorant « un partage de postes et de parts entre les hommes politiques ». « Nous aurions souhaité que le nouveau conseil soit libéré des contraintes politiques », a-t-il commenté en faisant état d'une « volonté de mettre la main sur le conseil » supérieur islamique chérié et de « l'orienter en fonction des intérêts des hommes politiques alors que nous aurions souhaité que des sujets de réformes soient avancés, tels que l'élargissement du collège électoral pour barrer la voie au clientélisme et assurer une représentation juste de toutes les régions ». « Est-il possible que le Akkar soit représenté par un seul membre ? » s'est-il indigné.
Liban
Satisfaction et quelques critiques après les élections au Conseil supérieur chérié
OLJ / le 12 mai 2015 à 00h00


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