Photo tirée du site du réalisateur
La vie peut être parfois cruelle et réserver de mauvaises surprises. De rudes épreuves qu'il faut surmonter avec espoir, en s'armant de tout l'amour que l'on a en soi et autour de soi. Là seulement, déplacer des montagnes devient possible. C'est la magnifique leçon de vie qu'a voulu donner cette semaine le réalisateur libanais Saïd el-Marouk (46 ans), sans doute le réalisateur de clips musicaux le plus connu dans le monde arabe, en annonçant sur Twitter la nouvelle de son cancer à ses proches et à ses fans.
Le 31 mars dernier, l'artiste, connu pour sa cinématographie hollywoodienne alliant effets spéciaux, décors imposants et panoramas pittoresques, a été diagnostiqué avec un cancer au poumon droit marqué par une tumeur de 4 cm et d'un cancer de la gorge. Un cancer avancé que les médecins ont jugé préférable de traiter d'abord par chimiothérapie avant toute éventuelle intervention chirurgicale.
C'est après sa toute première séance de chimio que le réalisateur s'est confié, mardi, à L'Orient-Le Jour. Malgré sa voix faible et visiblement fatiguée par ce premier traitement, Saïd el-Marouk a assuré qu'il comptait vaincre la maladie à n'importe quel prix. «Je suis un enfant de la vie. Je ne me laisserai pas faire. Je viens de terminer ma première séance de traitement et j'ai déjà marqué mon premier point face à la maladie. Nous sommes à 1-0», a-t-il dit. Affirmant qu'il comptait poursuivre son travail, «même s'il devait aller aux sets de tournage sur un lit d'hôpital», et qu'il comptait bien réaliser le prochain clip du chanteur Assi el-Hellani, comme prévu,
Saïd el-Marouk a avoué n'avoir pas pensé à cacher la nouvelle de sa maladie. «Aujourd'hui à l'hôpital, j'ai rencontré une maman avec sa fille, atteinte d'un cancer. Elle m'a dit qu'elle s'était sentie plus forte quand elle m'a vu à la télé assurer que j'allais vaincre cette maladie. Je ne me plains pas, bien au contraire. Si je suis capable d'apporter ne serait-ce qu'un peu d'espoir à tous ceux qui souffrent de cette maladie, je serai heureux», a-t-il confié, martelant que «tout est possible grâce à la volonté et à la foi, mais surtout grâce à l'amour des gens qui nous entourent».
Hashtag antitabac
Les élans d'amour n'ont pas manqué à l'adresse de Saïd el-Marouk durant les jours qui ont suivi l'annonce de sa maladie. Sur les réseaux sociaux, ses fans et des dizaines d'artistes lui ont souhaité cette semaine une prompte guérison. «Reste croyant et saïd (heureux), pour que nous puissions entendre bientôt d'heureuses nouvelles», a ainsi twitté l'acteur Youssef el-Khal. «Reste confiant : Dieu peut tout faire, je te souhaite un prompt rétablissement», lui a, de son côté, écrit le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, tandis que la star Cyrine Abdelnour lui assurait que tout allait être pour le mieux. Un dîner a même été organisé en son honneur à Beyrouth. Il y était entouré de sa femme, de ses deux enfants et des stars Ragheb Alama, Waël Jassar et Hatem el-Iraki.
En attendant, le réalisateur, connu pour fumer trois paquets de cigarettes par jour, a annoncé qu'il allait définitivement abandonner cette (mauvaise) habitude. Profitant de l'élan de compassion de ses fans et amis, il les a encouragés à faire circuler le hashtag Non au tabac pour Saïd el-Marouk, faisant campagne sur les réseaux sociaux contre la cigarette, principale cause des cancers du poumon et de la gorge.
Fils d'un père et d'une mère tous deux sourds-muets, Saïd el-Marouk n'en est pas à son premier challenge. C'est pour rendre hommage à ses parents qu'il avait signé l'un des clips les plus mémorables de Nancy Ajram, Ehssas Jdid, un portrait de la relation amoureuse de la chanteuse avec un homme sourd-muet. Parmi ses vidéos-phares, le majestueux mini-film réalisé pour la chanson Al-Hobb wal Wafaa de Majida el-Roumi, tourné en Hongrie, le clip magique pour enfants Shakhbat Shakhabit et le très symbolique Baddi Eich (Je veux vivre) de Haïfa Wehbé.
Un slogan auquel le réalisateur semble particulièrement attaché aujourd'hui, et il tient bon. Tout est
possible...


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