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Moyen Orient et Monde

Hadi, le président sauvé manu militari par l’Arabie saoudite

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a reçu hier le président Abd Rabbo Mansour Hadi à Charm el-Cheikh. HO/Présidence égyptienne/AFP

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qu'une coalition arabe menée par Riyad est venue sauver en intervenant militairement au Yémen, sera au centre de toutes les attentions ce week-end au sommet arabe de Charm el-Cheikh, en Égypte.
En trois ans de pouvoir, M. Hadi, homme assez discret, n'a pas réussi à imposer son autorité sur un pays régulièrement secoué par des crises politiques, des affrontements tribaux et des attentats attribués à el-Qaëda et, depuis peu, au groupe jihadiste État islamique (EI). En septembre 2014, il a été ouvertement défié, affaibli, puis humilié par les houthis qui, alliés à son prédécesseur Ali Abdallah Saleh, ont fait leur entrée dans la capitale Sanaa avant de renforcer progressivement leur emprise sur le pouvoir. Devant « l'impasse totale » fin janvier, M. Hadi a présenté sa démission, alors que les houthis venaient de s'emparer du palais présidentiel à Sanaa. Il s'est ensuite retrouvé assigné à résidence avec des membres de son gouvernement. Mais un coup de théâtre s'est produit le 21 février lorsqu'il a réussi à fuir Sanaa pour se réfugier à Aden, deuxième ville du pays, dans le Sud, où les adversaires des houthis sont nombreux. Il a alors rejeté leur « coup d'État » et est revenu sur sa démission, affirmant que « toutes les mesures » prises par les miliciens chiites depuis leur entrée à Sanaa étaient « nulles et non avenues ».
Avant de rejoindre le parti de l'ex-président Saleh, le Congrès populaire général (CPG), M. Hadi était perçu comme un pur produit de l'ancien Yémen du Sud communiste où il a fait carrière dans l'armée, sans trop se distinguer. Il est né le 1er mai 1945 dans le village du Dhakin, dans la province d'Abyane où el-Qaëda est aujourd'hui fortement implanté. Diplômé de l'école d'officiers du Yémen du Sud en 1964, il a suivi un cycle de formation militaire au Royaume-Uni, puis une formation spécialisée dans les armes blindées au Caire jusqu'en 1970. Originaire du Sud, il avait rejoint le camp des Nordistes dès 1986, quatre ans avant l'unification des deux Yémens. Il est ainsi plus proche d'un apparatchik de l'ère communiste que d'un homme politique à la hauteur de son prédécesseur, M. Saleh, qui avait comparé la tâche de gouverner le Yémen à « une danse sur des têtes de serpents ».
Rappelons que M. Hadi a succédé à M. Saleh en février 2012 en vertu d'un accord de transition politique parrainé par les voisins du Yémen, les monarchies pétrolières du Golfe, et les puissances occidentales. Son projet de réorganiser les forces armées, où M. Saleh a gardé de solides soutiens, n'a pas abouti, tout comme le processus de transition politique prévoyant un Yémen décentralisé doté de six régions autonomes. M. Hadi s'était révélé être un homme de consensus lorsqu'il avait prêté serment en tant que président. Alors vice-président depuis 1994 et secrétaire général du CPG, il avait été élu avec 99,8 % des voix lors d'une consultation où il était le seul candidat. Il avait cependant ensuite gagné le respect de l'ensemble des partis, dont l'opposition.
René SLAMA/AFP


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