La cérémonie en hommage au magistrat Anthony Issa el-Khoury (à la gauche du ministre Achraf Rifi), qui prend sa retraite aujourd’hui après une carrière de 42 ans. Photo Dalati et Nohra
La Cour de justice, siégeant sous la présidence de Anthony Issa el-Khoury, a publié voici quelques jours (20 février) son jugement dans l'affaire du double attentat de Aïn Alak, le 13 février 2007, qui avait fait trois morts et 23 blessés.
Elle a condamné à la peine capitale, par contumace, Chaker Absi, fondateur du groupe Fateh el-Islam, et Moubarak Ghazi Naassan et Moustapha Sio à 20 ans de travaux forcés, ainsi qu'à des peines de travaux forcés de durées variables Yasser Mohammad Choukeiri (20 ans), Kamal Farid Nassan (11 ans), Zarifé Ghattas Farès (3 ans) et Hussein Daoud Zayat (1 an).
De même, la Cour de justice a condamné aux travaux forcés à perpétuité Fadi Adel Khaled, membre de Fateh el-Islam, qui avait pris le commandement d'un groupe ayant participé aux combats contre l'armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure, et provoqué la mort de plusieurs militaires. Il était directement lié au groupe auquel il avait fourni les explosifs, ainsi que des sacs de billes métalliques ajoutés à l'explosif destinés à le rendre encore plus meurtrier.
Le noyau du groupe qui a exécuté le double attentat était formé de 4 Syriens et d'un Palestinien.
Le double attentat s'était produit peu avant 9 heures du matin, dans deux minibus travaillant sur la ligne Antélias-Bickfaya-Bteghrine. Il avait provoqué la mort de Michel Fouad Attar, Laurice Maurice Haïby, épouse de Jihad Assad Gemayel, et d'un ouvrier syrien, Ibrahim Fallah. Un certain nombre de blessés devaient être atteints d'invalidations permanentes.
Les commanditaires et exécutants du double attentat devaient être identifiés et, pour certains, arrêtés, grâce à l'analyse des communications téléphoniques qu'ils avaient tissées entre eux au moyen de cartes prépayées et à la localisation de leur appareil portable.
La police était même parvenue à reconstituer leurs itinéraires de fuite, après l'attentat, et leur unique direction : le camp de Nahr el-Bared, au Liban-Nord.
De leurs propres aveux, il était apparu que le double attentat de Aïn Alak, perpétré dans une région chrétienne où les sympathisants du parti Kataëb sont nombreux, avait pour but de terroriser la population et de la dissuader de participer, le 14 février, au meeting commémorant l'assassinat de Rafic Hariri (2005).
Avec l'affaire de Aïn Alak, Anthony Issa el-Khoury clôture une longue carrière qui s'étale sur 42 ans. Il fera valoir ses droits à la retraite aujourd'hui même. Le président du CSM, Jean Fahd, lui a rendu hommage hier au cours d'une cérémonie organisée au Palais de justice, en présence du ministre de la Justice, Achraf Rifi.


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