M. Gemayel, hier, à Bkerké, en compagnie du patriarche maronite. Photo Ani
Le chef du parti Kataëb, l'ancien président de la République Amine Gemayel, a dénoncé à son tour hier la « banalisation » du vide présidentiel, estimant que l'élection du président de la République devait rester coûte que coûte en tête des priorités nationales. M. Gemayel a souligné que les concertations chez l'ancien président Michel Sleiman ne visaient pas à « former un nouveau front politique », mais à réagir face à la « normalisation » de la vacance présidentielle qui s'est mise en place en Conseil des ministres.
L'ancien président de la République, qui a été reçu hier à Bkerké par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a stigmatisé, à l'issue de la rencontre, la tendance à « vouloir faire passer cette période de manière à donner l'impression que tout est normal et que l'État peut fonctionner sans président ». « Mais nous savons tous que le président est le sommet de l'État et des institutions. Comment les institutions peuvent-elles fonctionner tant que le président est absent et que la République est occultée ? » s'est interrogé M. Gemayel.
« Nous avons beaucoup de craintes à l'étape actuelle. Tout notre souci est de pousser les responsables à donner la priorité à la question de l'élection présidentielle par rapport à toutes les autres questions, a poursuivi l'ancien chef d'État. Si les dialogues en cours n'ont pas pour priorité absolue l'élection d'un président, nous ne savons pas où ils peuvent nous mener, sinon à assurer une couverture au vide présidentiel, notamment au niveau de la pratique gouvernementale. »
Selon lui, l'on recherche aujourd'hui tous les moyens de « faire du vide présidentiel quelque chose de normal », et l'on « trouve des solutions et des mesures comme si l'État pouvait fonctionner sans président ». « C'est à cela que nous voulons faire face », a-t-il souligné.
« Nous voulons souligner que l'absence d'un président de la République est inadmissible sur la scène nationale. Nous nous occupons de bien des choses, alors qu'il existe une seule exigence : l'élection d'un président de la République. L'élection présidentielle consolide l'unité nationale, l'esprit du pacte et la bonne marche des institutions. Comment les autres institutions peuvent-elles fonctionner si la première institution de l'État est paralysée ? » s'est-il encore demandé.
Et Amine Gemayel de poursuivre : « Qu'y a-t-il de plus important que l'élection d'un président ? La nomination d'un directeur général ou d'un mohafez ? Quel est ce prétexte fondé sur la nécessité d'expédier les affaires du Conseil des ministres comme si de rien n'était, et qu'il ne fallait pas se soucier outre mesure de l'élection du président ? Les citoyens et les responsables doivent comprendre qu'il n'y a rien de plus important que l'élection d'un président et que rien ne peut fonctionner sans cela. Au contraire, tout fonctionnerait de travers. Le président doit être là pour déterminer les objectifs, rassembler les Libanais, initier un dialogue national et défendre le droit libanais, surtout dans ces circonstances régionales tumultueuses et menaçantes. »
M. Gemayel a rappelé que le patriarche avait tenté de réunir les leaders chrétiens sous l'ombrelle de Bkerké pour mettre en place un mécanisme garantissant l'élection présidentielle, mais que ce dernier n'avait pas été respecté par tout le monde.
« Pas de nouveau front »
Concernant la rencontre entre les six ministres – dont Sejaan Azzi au nom des trois ministres Kataëb – qui avait eu lieu vendredi au domicile de l'ancien président Michel Sleiman concernant la position à adopter vis-à-vis de la question du mécanisme de prise de décision en Conseil des ministres à l'ombre du vide présidentiel, le chef du parti Kataëb a indiqué : « Lorsque deux anciens présidents se rencontrent, ils possèdent les données, l'expérience et la capacité d'évaluer parfaitement l'intérêt national. Il est donc naturel qu'il y ait des concertations entre le président Sleiman et moi, non pas pour créer un nouveau front – nous sommes membres du 14 Mars et le président Sleiman est indépendant – mais parce que les concertations entre deux anciens présidents incarnent la conscience de la patrie. »
« Cette rencontre doit se poursuivre, et nous l'avons élargie aux ministres Kataëb et indépendants. Tout cela est bon. Nous ne pouvons pas parler de mise en place d'un front, mais de concertations dans le cadre d'une étape complexe et confuse, faite de dialogues qui dépassent les alignements traditionnels. Ce qui se produit sert l'intérêt public et le bien commun, et ne vise personne, mais constitue un cercle de concertations pour améliorer la situation des institutions et étudier le moyen le plus rapide d'élire un président dans les plus brefs délais », a-t-il conclu.
Hariri
L'ancien président de la République accompagné de son fils, le député Samy Gemayel, ont par ailleurs été reçus à la Maison du centre par le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, en présence de l'ancien député Ghattas Khoury et de M. Nader Hariri.
De son côté, Samy Gemayel s'est entretenu à Yarzé avec le ministre de la Défense, Samir Mokbel. À l'issue de la rencontre, le député Kataëb a souhaité que les dialogues bilatéraux « contribuent à déboucher sur un accord pour l'élection d'un président de la République et mettre fin au vide et à la paralysie qui frappent l'ensemble des institutions ». M. Gemayel a également exprimé son soutien aux positions de M. Mokbel, soulignant la nécessité de « hâter l'armement de la troupe pour lui permettre de faire face aux attaques terroristes » et de « parachever l'application du plan sécuritaire dans les différentes régions du Liban ».
Le parti Kataëb
Signalons enfin que, dans son communiqué à l'issue de sa réunion hebdomadaire à Saïfi sous la direction du vice-président du parti, Chaker Aoun, le bureau politique des Kataëb s'est indigné du fait que « la présidentielle soit entrée dans le cercle vicieux des décomptes de séances, sans aucune autre considération », estimant que les craintes européennes exprimées quant à la situation au Liban « devraient inciter les parties qui se défilent de leur devoir national et constitutionnel à revoir leurs positions ».
Le parti a également déploré « la paralysie du Conseil des ministres à chaque fois qu'une question vitale est abordée ». « Pour ceux qui restent sceptiques, cela montre qu'il faut régler le problème à sa source, sans se contenter de rechercher des mécanismes valables pour les décisions du gouvernement », note le communiqué. « Nous ne pouvons pas adopter une position laxiste par rapport à ce mécanisme, qui représente le pas ultime vers la normalisation totale du vide et de l'absence de la tête de l'État. Les Kataëb refusent d'être partenaires de cette orientation, appelant avec insistance toutes les parties à se rendre à la Chambre et élire un président », conclut-il.


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SHEIKH AMINE... HAKIM... POURQUOI LES PARTIS DES KATAÊBS D'AUJOUD'HUI ET DES FORCES LIBANAISES... ISSUS TOUS DEUX DES ANCIENNES KATAÊBS... NE S'UNISSENT PAS EN UNE SEULE FORCE... ET REDEVIENNENT "LA FORCE" ??? LES CHRÉTIENS... ET JE N'Y MËLE PAS S'EN-FOUT... SE LE DEMANDENT !!!
09 h 56, le 24 février 2015