D’acier et de verre, gros plan sur les points d’équilibre de la table basse, star de la série the « Edge »... et, moins futuriste, le luminaire en acier perforé évocateur de l’Orient. Photo Michel Sayegh
Tarek el-Kassouf fait indéniablement partie des amoureux inconditionnels de la capitale libanaise. Cet architecte d'une petite trentaine d'années, diplômé de l'Usek, a même poursuivi un master de design urbain à l'Alba axé sur la reconstruction postconflits pour mieux appréhender cette ville, en saisir les contradictions constructives et les retranscrire dans ses projets d'architecture. Et, plus récemment, de design. À l'instar de ce petit ensemble mobilier qu'il vient de produire inspiré de Beyrouth «l'instable, la chaotique, toujours au bord de l'implosion, mais aussi ville de paradoxes alliant vulnérabilité et force de résilience», indique-t-il. En somme, tout le travail créatif de Tarek el-Kassouf célèbre cet esprit «à la fois solide et malléable» si spécifiquement beyrouthin. La preuve par quatre avec la série «Edge».
À commencer par la pièce centrale, «star» de cette première collection: la
table basse, réalisée à partir de deux plaques carrées de mêmes dimensions. La première tout simplement découpée dans du verre transparent. Tandis que la seconde, en acier noir, est pliée en ses quatre coins pour composer une étoile à quatre branches formant l'empiétement qui soutient, sur cinq points d'équilibre précis, le top vitré.
Une table à l'allure sidérale que le designer accompagne d'un luminaire, d'une suspension et d'une série de tabourets-tables d'appoint. Lesquels, toujours en mode pliage-dépliage de plaques d'acier brut (découpées au laser), jouent les formes – et les facettes– à géométrie variable. Angles twistés et contrastes entre solidité des matières et légèreté d'utilisation...
Pour ces objets d'esprit paradoxal, à l'image de Beyrouth, qui font irradier du luminaire en acier perforé, faussement évocateur des traditionnels moucharabieh, une chaude luminosité. Idem pour la suspension en acier cubique et verre transparent. Et puis, il y a certainement aussi l'âme de «Beyrouth» ou du moins une ode à la fameuse adaptabilité des habitants de cette ville qui se transcrit dans la réalisation de ces esthétiques tabourets creux, façonnés dans une seule feuille d'acier plié, modulables en tables d'appoint et en éléments (casiers) d'étagères superposables...
* À découvrir sur www.tarekelkassouf.com


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