M. Siniora, dans le cadre de ses audiences, samedi, à Saïda (photo Ani).
Le chef du bloc du Futur, le député et ancien Premier ministre Fouad Siniora, a estimé samedi que le Conseil des ministres devait, sur le plan du mécanisme de prise de décision, continuer à fonctionner en l'absence du président de la République de la même manière qu'en sa présence, c'est-à-dire en fonction des dispositions de la Constitution : la majorité simple pour les décisions ordinaires et les deux tiers pour les sujets fondamentaux.
« La Constitution libanaise est claire et ne doit pas être violée sous n'importe quel prétexte. Il ne faut pas légitimer des pratiques ou des usages qui nous conduisent, en fin de compte, à des situations embarrassantes comme c'est le cas actuellement et, partant, à des couacs, de sorte que le gouvernement devienne incapable de mettre en pratique son rôle et ses devoirs à l'égard des citoyens. (...) Créer de nouveaux usages n'est pas une chose heureuse. C'est pourquoi, il faudrait se rétracter et revenir sur le droit chemin. Or c'est la Constitution qui détermine le droit chemin et il ne faudrait y contrevenir en aucune circonstance », a indiqué M. Siniora, devant des délégations populaires à Saïda.
« Nous pourrions par la suite regretter le fait d'avoir créé de nouveaux usages », a-t-il noté.
« Il faut revenir aux fondamentaux, c'est-à-dire élire un président de la République. Tant que cela n'a pas été résolu, de nouveaux problèmes émergeront au quotidien. Il faut cesser de perdre du temps, de créer des prétextes, de tenter de se défiler ou de paralyser l'échéance. Il faut que nous nous rendions tous à la Chambre pour élire un président », a poursuivi le chef du bloc du Futur.
« Nous en sommes déjà à la 19e séance électorale et nous avons échoué à assurer une présence suffisante pour assurer le quorum. Cela a créé des problèmes et porte atteinte au Liban, à l'État et à son prestige, a-t-il déclaré. Cela mène au délitement étatique, ainsi qu'à l'émergence de crispations internes entre les composantes nationales, ainsi qu'à des conséquences désastreuses sur l'économie et sur le développement. Cela fragilise la capacité du Liban et de son économie à faire face aux chocs, surtout que nous vivons une étape très difficile à l'échelle du monde arabe et que nous sommes à découvert pour plusieurs raisons : nous n'avons pas élu un président de la République et le gouvernement n'assume pas son rôle comme il le devrait pour cette raison. Certains poussent également les Libanais à ne pas élire un président, d'une manière ou d'une autre, que ce soit ceux qui bloquent ou ceux qui en profitent pour réaliser d'autres objectifs, et je veux signifier par là le Courant patriotique libre et le Hezbollah, qui sont la pierre d'achoppement à ce niveau. »
« En plus, nous poussons, d'une manière ou d'une autre, le Liban dans le brasier syrien ainsi que, comme cela a été annoncé récemment, dans le brasier irakien. Tout cela a des conséquences très négatives sur le Liban et les Libanais », a ajouté Fouad Siniora, appelant toutes les parties à prendre garde pour que le pays, fragilisé et vulnérabilisé dans un cadre régional particulièrement tourmenté, ne coule pas du fait des conflits internes.


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