La route des JO de Rio en 2016 ne sera pas aisée pour Maksim Mazuryk, victime des brimades des autorités de Kiev. Photo AFP
Privé de compétition après avoir choisi de rester dans l'Est séparatiste de l'Ukraine, le vice-champion d'Europe 2010 du saut à la perche, Maksim Mazuryk, envisage de s'exiler en Russie, le pays voisin et ennemi de Kiev. Il a défendu les couleurs de l'Ukraine depuis sa jeunesse. Sous le maillot jaune et bleu, il a notamment été champion du monde juniors en 2002 et vice-champion d'Europe en 2010, et a participé à deux Jeux olympiques (2008, 2012). Mais à bientôt 32 ans, Maksim Mazuryk ne se sent plus ukrainien : « Avant oui. Plus maintenant. »
Entraîneur par correspondance
Depuis plusieurs mois, la fédération ukrainienne lui a fait comprendre que pour continuer à représenter son pays, il devait quitter le Donbass, le bassin minier industriel de l'Est du pays engoncé dans le conflit armé entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses. « Je n'ai jamais envisagé de partir ailleurs en Ukraine, assure-t-il. Mon choix n'a pas été difficile. Je suis né ici, ma vie s'est construite ici. » « Cet hiver, il y avait un rassemblement de l'équipe nationale à l'étranger. Quand j'ai demandé un rassemblement plus près d'ici, ils m'ont répondu : On fait des rassemblements uniquement pour les patriotes, raconte-t-il. J'ai été rejeté de la sélection parce que je suis de Donetsk, je n'ai pas envie d'y retourner », explique le sportif.
Pour Mazuryk, pourtant, « le sport dans le Donbass est ukrainien ». « Mais il y a trop de politique dans le sport. L'Ukraine fait tout pour compliquer la vie aux athlètes du Donbass », soupire-t-il. Certains ont cédé et rejoint des régions sous le contrôle de Kiev.
En raison de son choix et de blessures, lui n'a pas participé à une grande compétition depuis fin juillet 2014. Pour autant, ce grand gaillard de 1,90 m continue à venir chaque jour s'entraîner dans le vétuste mais mythique manège d'athlétisme de Donetsk, où la légende Sergueï Bubka répétait ses gammes avant lui. « Mes habitudes d'entraînement n'ont pas changé, explique-t-il. Ce qui a changé, c'est le bruit qui accompagne mes séances. » Depuis mai, ses entraînements sont rythmés par le son des canons, qui a remplacé les éclats de voix des jeunes. Et dans la coursive aérienne, il a pour spectateurs des combattants en armes qui font une pause entre deux patrouilles.
« Le seul inconvénient, c'est que j'ai perdu mon entraîneur, estime-t-il. On lui a proposé un autre poste (entraîneur de l'équipe de perche turque) et il est parti. Mais je me filme, je lui envoie les images et il me donne des conseils par téléphone. J'ai aussi Denis Iourtchenko (3e aux Jeux de Pékin) pour m'aider ici. »
Un « blocus sportif »
« Plusieurs amis perchistes russes m'ont invité à m'entraîner chez eux, à Krasnodar, explique-t-il. Si ça continue, je serai obligé d'y aller pour avoir une chance de participer aux Jeux olympiques. » Car c'est son dernier objectif : les Jeux de Rio en 2016. Mais Mazuryk en est encore loin. Il n'a plus de fédération de tutelle pour s'inscrire aux compétitions majeures. Et la destruction de l'aéroport de Donetsk, avec le système de laissez-passer instauré par Kiev, rendent également « quasiment impossible » tout déplacement.
« La compétition me manque. Je regarde les compétitions en France, en Allemagne... C'est dur », explique l'athlète, qui affirme subir un « blocus sportif ». « L'idée qui me vient souvent, c'est de changer de nationalité », confie-t-il. Et la Russie sonne là encore comme une évidence. « Nous avons une frontière commune, les Russes ont toujours été des amis. Et même si je dois partir à l'étranger, c'est plus simple depuis la Russie », explique-t-il.
La route des Jeux de Rio ne sera pas aisée. Outre les critères de performance sportive, pour être autorisé à participer sous de nouvelles couleurs il faut avoir vécu pendant un certain nombre d'années dans son pays d'adoption. Et il faut aussi que l'ancienne fédération délivre une lettre de sortie.
Simon VALMARY/AFP
Usain Bolt diffère sa rentrée
La star de l'athlétisme mondial Usain Bolt, qui devait faire sa rentrée samedi à Kingston sur 400 m, n'a finalement pas participé au Camperdown Classic. Aucune raison n'a été fournie par les organisateurs de cette réunion, parmi lesquels figure l'entraîneur de Bolt, Glen Mills. Le sextuple champion olympique a pour objectif cette saison les championnats du monde, qui auront lieu à Pékin du 22 au 30 août.
Décès du marathonien Franjo Mihalic
Un des meilleurs athlètes de l'histoire de l'ex-Yougoslavie, le marathonien Franjo Mihalic, médaillé olympique et contemporain du légendaire Alain Mimoun, est décédé samedi à Belgrade à l'âge de 94 ans, a rapporté la chaîne de télévision indépendante B92. Franjo Mihalic, né le 9 mars 1920 à Ludina (Croatie), avait remporté la médaille d'argent du marathon des JO d'été en 1956 à Melbourne (Australie). Mihalic avait également remporté le marathon de Boston en 1958.
Entraîneur par correspondanceDepuis plusieurs mois, la fédération ukrainienne lui a fait comprendre que pour continuer à représenter son pays, il devait quitter le Donbass, le bassin minier industriel de l'Est du pays engoncé dans le conflit armé entre les forces...

