La défense a poursuivi hier l'interrogatoire de Abdellatif Chamaa, l'ami personnel de Rafic Hariri, qui témoigne depuis 3 jours devant le TSL. Le témoin a été interrogé à propos de l'ancien chef de la sécurité de l'ancien Premier ministre, Wissam Hassan, plus précisément sur les raisons de son absence le jour de l'assassinat, le 14 février 2005. M. Chamaa a précisé à ce sujet que Wissam Hassan n'accompagnait pas systématiquement Rafic Hariri au Parlement toutes les fois, soulignant qu'il était « au courant que l'officier poursuivait ses études universitaires ». « J'ai appris par la suite qu'il avait un examen », dit-il.
Le témoin a également été interrogé au sujet de l'argent que réclamait l'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, Rustom Ghazalé, insistant pour savoir si la confiance qu'il avait en Yahya el-Arab – le garde du corps de Rafic Hariri – était justifiée, surtout qu'une affaire de « vol » lui avait été attribuée à un moment donné. Ce à quoi le témoin lui répond en affirmant qu'il avait une confiance inébranlable en lui.
Prenant la parole, Jad Khalil, le conseil de l'accusé Hassan Habib Merhi, axera ses questions sur la destination et l'objectif des sommes d'argent versées par Rafic Hariri à des tierces parties. L'avocat évoque le concept de « bazar électoral » en essayant de comprendre si l'argent payé par Rafic Hariri à Rustom Ghazalé était à des fins politiques, notamment « dans le but de remporter les élections parlementaires (de 2005) », lorsqu'il comptait présenter des listes électorales dans l'ensemble du Liban.
Ce à quoi M. Chamaa répond : « Non, Hariri ne s'attendait à rien en retour », soulignant qu'il a commencé à verser l'argent à l'officier syrien dès 1993, et que les élections ne devaient avoir lieu qu'en 2005.
Le témoin est également interrogé sur les sommes versées par Rafic Hariri au propriétaire du quotidien ad-Diyar, Charles Ayoub. « Je me rappelle qu'à une ou deux occasions, il (M. Ayoub) est venu chez lui pour demander de l'aide. Il est propriétaire d'un journal et certains médias reçoivent des sommes d'argent comme aide ou sous forme de publicité », dit le témoin. Il souligne toutefois qu'autant qu'il s'en souvienne, ce n'étaient pas de grandes sommes d'argent qui étaient payées.
La défense avance alors la somme de 100 000 dollars par mois, versés au journaliste. « Il recevait cette somme à certains moments et sur des directives données par les Syriens », commente le témoin.
Et la défense de demander au témoin si « Rustom Ghazalé avait intérêt à risquer des millions de dollars, à savoir son salaire élevé plus les montants additionnels qu'il touchait » de Rafic Hariri, comprendre, dans l'hypothèse où il aurait été au courant de l'assassinat.
« Je n'en sais rien », répond le témoin. Et la défense de le relancer sur une autre question : « Pourquoi ne pas supposer que si Rustom Ghazalé était réellement au courant de l'assassinat, il aurait plutôt préféré vendre l'information à Rafic Hariri contre une large somme d'argent ? » Intervient alors l'accusation, pour exprimer son objection à ce type de questions qu'il a qualifiées de « spéculatives ».
À plusieurs reprises, le président de la chambre de première instance, le juge David Re, interrompt Jad Khalil pour lui adresser des remarques de procédure et de forme. L'accusation lui reprochera à son tour son manque de rigueur dans la manière de poser les questions.
Liban - Tsl
Interrogé par la défense, Chamaa : « Hariri ne s’attendait à rien en retour »
OLJ / le 13 février 2015 à 00h00


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