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Sport - Football - Championnat D’Espagne

L’Atletico balaie le Real et relance la Liga

Pourquoi la mécanique merengue s'est enrayée lors du derby madrilène...

Cristiano Ronaldo écœuré, tout comme son équipe merengue facilement écrasée par l’Atletico (4-0). Cesar Manso/AFP

L'Atletico Madrid, mené par l'intenable Antoine Griezmann, a frappé fort samedi face au Real Madrid (4-0) pour relancer la course au titre en championnat d'Espagne et revenir à quatre longueurs du leader merengue, complètement dépassé au stade Vicente-Calderon. À l'évidence, le champion d'Espagne tient à son trophée ! Dans le derby au sommet de cette 22e journée, « l'Atleti » s'est imposé sur un but de Tiago (14e minute), bien aidé par une grossière erreur d'Iker Casillas, et un superbe ciseau de Saul (18e). Griezmann (67e) puis Mario Mandzukic (89e) ont ensuite clos le score, écœurant un Real fantomatique à l'instar de sa star Cristiano Ronaldo.
L'implacable machine s'est grippée : le Real a vécu une sortie de route cauchemardesque, symbole d'une équipe en panne en 2015 après avoir pourtant tout renversé sur son passage à l'automne dernier. Fin 2014, le Real Madrid a enchaîné une série de 22 victoires, toutes compétitions confondues, un record en Espagne, avec un jeu très offensif et une belle maîtrise collective. Mais l'entraîneur Carlo Ancelotti n'a que peu fait tourner son effectif, très sollicité jusqu'à la Coupe du monde des clubs remportée fin décembre. La claque reçue samedi devant l'Atletico, troisième défaite en neuf matches en 2015, a mis en lumière un manque d'énergie manifeste. Un joueur comme l'Allemand Toni Kroos, qui marchait sur l'eau à l'automne, n'a plus le même impact physique. « Je commence à être fatigué », avait-il reconnu fin novembre, sans être ménagé pour autant.
« Le Real n'était pas frais, ni physiquement ni mentalement, a reconnu Cristiano Ronaldo. Nous avons très mal joué, d'un bout à l'autre de l'équipe. Rien n'a fonctionné. C'est un jour à oublier le plus vite possible. » Allusion à la difficile victoire trois jours plus tôt contre Séville (2-1) et à une série de blessures qui ont compliqué les rotations. Ainsi, cinq habituels titulaires étaient absents contre l'Atletico : Marcelo (suspendu), James Rodriguez (pied), Sergio Ramos (cuisse), Pepe (côtes) et Luka Modric (cuisse). La défense, autour de l'inhabituelle charnière Varane-Nacho, a pris l'eau. Et l'abattage d'un milieu de terrain comme Modric, absent depuis novembre, a fait cruellement défaut au Real, surclassé dans l'engagement et l'intensité.
« Nous devons garder la tête froide et assumer notre responsabilité dans ce match », a commenté en conférence de presse Carlo Ancelotti, l'entraîneur du Real, visiblement très agacé. « C'est le pire match du Real Madrid depuis que je suis sur le banc. Même si nous allons rester en tête du classement de Liga ce soir, le match a été très mauvais », a-t-il ajouté. « L'Atletico a mérité de gagner, parce qu'il a dominé dans tous les aspects du jeu, la lutte, le pressing, les deuxièmes ballons, a-t-il analysé. Nous avons tout raté, nous arrivions toujours en retard. Nous n'avons pas un joueur qui ait fait un bon match. »

Mentalement, ça grince
Peut-être est-ce un contrecoup normal pour une équipe qui a autant gagné en 2014 ? Vainqueur de la Coupe du roi, de la Ligue des champions, de la Supercoupe d'Europe et du Mondial des clubs, le Real Madrid a brusquement baissé le pied début janvier. Défaite à Valence en Liga (2-1), puis élimination en Coupe du roi contre l'Atletico (2-0, 2-2), victoires très poussives à Getafe (3-0), Cordoue (2-1) ou contre Séville... Le naufrage de samedi est en tout cas la plus lourde défaite du Real en Liga depuis la « manita » (5-0) subie par l'équipe de José Mourinho contre le FC Barcelone en 2010.
Samedi soir, Carlo Ancelotti a exhorté ses troupes à « changer d'attitude ». Car le manque de révolte de ce Real-là inquiète. Signe de ce relâchement mental : en 2015, les joueurs merengues ont pris la mauvaise habitude d'encaisser des buts précoces. En outre, certains sont moins impliqués dans l'effort collectif, et le rendement de l'équipe s'en ressent, à l'instar de Gareth Bale, très critiqué pour son égoïsme et son manque d'activité défensive.
Samedi, Ronaldo faisait son retour après deux matches de suspension, mais alors qu'il aurait dû revenir en pleine forme après ce repos forcé, le Portugais a été fantomatique : centres manqués, dribbles prévisibles et agacement palpable. C'est comme si « CR7 » avait relâché la pression avec l'obtention de son troisième Ballon d'or en janvier. Trente-deux buts en 23 matches entre août et fin décembre 2014, et seulement quatre buts en sept matches depuis. Quant au gardien et capitaine Iker Casillas, il a commis une nouvelle bourde, retombant dans ses travers d'il y a quelques mois. « C'est une défaite dure. Il faut l'affronter, faire face et penser au prochain match », a réagi le portier espagnol, qui sait que le Real va devoir vite retrouver la bonne carburation.
En Liga, la situation reste toutefois favorable : la « Maison blanche » est toujours leader et les matches à venir contre le Deportivo La Corogne et Elche semblent parfaits pour rebondir. Mais dans dix jours, il y aura le huitième de finale aller de Ligue des champions contre Schalke 04, un virage que le Real Madrid ne peut pas se permettre de rater.

(Source : AFP)

L'Atletico Madrid, mené par l'intenable Antoine Griezmann, a frappé fort samedi face au Real Madrid (4-0) pour relancer la course au titre en championnat d'Espagne et revenir à quatre longueurs du leader merengue, complètement dépassé au stade Vicente-Calderon. À l'évidence, le champion d'Espagne tient à son trophée ! Dans le derby au sommet de cette 22e journée, « l'Atleti » s'est imposé sur un but de Tiago (14e minute), bien aidé par une grossière erreur d'Iker Casillas, et un superbe ciseau de Saul (18e). Griezmann (67e) puis Mario Mandzukic (89e) ont ensuite clos le score, écœurant un Real fantomatique à l'instar de sa star Cristiano Ronaldo.L'implacable machine s'est grippée : le Real a vécu une sortie de route cauchemardesque, symbole d'une équipe en panne en 2015 après avoir pourtant tout renversé sur...
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