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Culture - Récital

Le calendrier en musique de Tchaïkovski...

Reprise en douce pour 2015 des concerts du CNSM de mardi soir à l'amphithéâtre Aboukhater (USJ). « Les Saisons » de Tchaïkovski, une suite de douze morceaux pour piano, est transcrite en musique de chambre pour trio. Une évocation impressionniste, sur un ton d'inspiration cosmopolite, entre lyrisme et rêveries.

Trois musiciens pour une large palette de mélodies brèves. Photo Marwan Assaf

Pour cette prestation, trois musiciens sur scène, Boris Mirzoyan (violon), Roman Storojenco (violoncelle) et Olga Bolun (piano). À côté d'eux, debout ou assis sur une chaise, Étienne Kupélian pour commenter en français (mais le public est constitué aussi d'anglophone et d'arabophone!) l'ensemble et les détails des œuvres interprétées.
Non pas comme chez Vivaldi en bloc la fuite des quatre saisons sous la houle des cordes, mais, en toute précision, s'égrène le chapelet de chaque mois. Avec son cortège de vent, de pluie, de neige, de soleil, d'espoir, de récolte, de feuilles mortes, de saison de chasse, de bercement par les flots apaisés, du carnaval pétillant, des nuits de mai, du chant d'une alouette, des premiers perce-neige, du chant des faucheurs, de Noël et ses sortilèges.
Une large palette pour des mélodies brèves, touchées non seulement par un panaché de cadences et de rythmes variés, mais aussi par la grâce d'une certaine poésie. Et ce n'est guère hasard si les mots de Pouchkine ou Tolstoï, entre autres, viennent se poser en exergue sur ces notes lumineuses ou sombres, vives ou mélancoliques.
Pour cette œuvre pianistique (transcrite ici dans sa version trio par Goedicke) laissée à la postérité et que les pianophiles ont largement plébiscitée (on nomme comme référence les interprétations de Richter, Pletnev ou Ahkenazy, sans oublier le maestro autrichien Robert Lehrbaumer, ami des Libanais et de l'OPL), la musique de Tchaïkovski, toujours attachante, se déploie en toute fluidité.
Une musique sous influence d'un certain romantisme allemand et, néanmoins, nourrie par une sève folklorique slave. Mélange subtil et soyeux pour une narration aux rondeurs sans frilosité, mais où l'interprétation ici n'est pas toujours maîtrisée et à la hauteur d'une partition se partageant en souffle léger et méditation fugitive.
Si pianiste et violoncelliste offrent des sonorités séduisantes et pleines, le violon a souvent des dérapages, des couacs et des moments où même un pizzicati n'est pas audible... Ce qui gâche un peu le tableau et la synchronisation d'ensemble.
Placer une œuvre dans son contexte est bon, mais la couper par des citations qui n'apportent rien de nouveau à la partition est un peu amputer la musique de son charme, de sa magie, de sa liberté d'imagination, de sa cohésion, de sa puissance, de sa valeur de langage universel.
Reste toutefois, en une quarantaine de minutes, ce calendrier sonore à l'éventail nuancé. Tchaïkovski, même pour une commande, y mettait du cœur. Et du talent, cela va sans dire! Douze mois qui laissent leur empreinte. Notamment, ce joyau de petit morceau, cette Barcarolle de juin, entre flots battus et soleil qui appellent à savourer et redécouvrir la vie...

Pour cette prestation, trois musiciens sur scène, Boris Mirzoyan (violon), Roman Storojenco (violoncelle) et Olga Bolun (piano). À côté d'eux, debout ou assis sur une chaise, Étienne Kupélian pour commenter en français (mais le public est constitué aussi d'anglophone et d'arabophone!) l'ensemble et les détails des œuvres interprétées.Non pas comme chez Vivaldi en bloc la fuite des quatre saisons sous la houle des cordes, mais, en toute précision, s'égrène le chapelet de chaque mois. Avec son cortège de vent, de pluie, de neige, de soleil, d'espoir, de récolte, de feuilles mortes, de saison de chasse, de bercement par les flots apaisés, du carnaval pétillant, des nuits de mai, du chant d'une alouette, des premiers perce-neige, du chant des faucheurs, de Noël et ses sortilèges.Une large palette pour des mélodies...
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