Danny travaillant puis prenant sa petite pause, toujours dans une nature luxuriante : des huiles signées Rima Amyuni qui traduisent un expressionnisme teinté de réalisme.
Le lieu? Le cadre d'une nature flamboyante formée d'arbres, de verdure et de fleurs luxuriantes. L'intérieur? L'extérieur? Il n'y a pas de limites et les espaces se confondent. Le temps? Entre 2008 et 2014 où le travail a eu lieu, où le processus était en cours. Le sujet: une femme de ménage s'activant à la maison aux différents travaux domestiques.
Mais on peut ajouter à cela la raison de ce travail. Ce à quoi Rima Amyuni répond: «Cette femme d'origine sri-lankaise travaille chez moi depuis 2008. J'habite Yarzé qui est encore une région assez verdoyante et lorsque je restais à la maison, je l'observais et la trouvais belle, élégante avec ses gestes si grâcieux s'activant à de banals travaux anodins. J'ai eu envie de la mettre en vedette. De la sortir de l'anonymat. En effet, ces personnes venues de très loin, qui accomplissent ce métier fatigant sans élever la voix, sont comme effacées, inexistantes et se confondent avec le cadre.»
Par des traits rugueux et bien appuyés, Amyuni a su les mettre en évidence, d'abord en brossant leur portrait à l'aide de son fusain et puis en leur donnant ces couleurs chatoyantes. Devant sa table à repasser, passant le balai mécanique, épluchant des légumes, Danny, la fée du logis, évolue dans un espace paradisiaque semblable à celui du Douanier Rousseau. Fauvisme et naïf s'enlacent dans une douce
harmonie.
Pour Rima Amyuni, ses études à la Byam Shaw School Art of London, aujourd'hui section de Central Saint Martins College of Arts and Design, suivies par d'autres cursus à l'Université de Columbia, à New York, lui ont permis d'évoluer dans sa peinture et d'ouvrir à chaque fois des horizons divers. De retour au Liban en 1985, elle obtiendra le premier prix au XVIIIe Salon d'automne du Musée Sursock après plusieurs expositions collectives et individuelles. «C'est la première fois depuis longtemps que je croque des portraits. D'habitude, la nature était au centre de ma toile. Aujourd'hui, les deux ne font plus qu'un.»
À l'instar des peintres classiques, c'est au moyen de l'observation du modèle qui posera de longues heures pour elle, que l'artiste-peintre, élève du maître de l'expressionnisme Graham Nickson, recherche la réalité sans abandonner sa quête des sens et de la surface. Elle scanne les moindres détails en alliant geste et expression. Sur ses toiles où les couleurs sont hachées, stratifiées, imbriquées l'une dans l'autre, la fée du logis prend vie et s'anime.
*Agial, rue Abdel Aziz (Hamra). Tél. : 01/345213.


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