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Agenda

Claude Achkar, Monsieur Sport

Au journal, il était le dernier à boucler ses pages, longtemps après la une, au désespoir du secrétaire de rédaction, du « montageur », de l'imprimeur et de la distribution. C'est qu'elles devaient contenir les toutes dernières nouvelles des vingt-quatre heures passées et en provenance des quatre coins de la planète Terre. De la planète Sport, devrait-on écrire plutôt. On l'aura compris : Claude Achkar, qui vient de nous quitter brutalement, vivait pour le ballon rond (ovale, accessoirement...), la piste cendrée, les terrains de toutes les superficies, les équipes de cinq, six, sept, onze, quinze joueurs. Bien sûr, ses préférences allaient à l'individuel, cet athlétisme-roi qui le faisait vibrer comme l'aurait fait pour l'esthète une œuvre d'art.
Penché sur son bloc de papier – l'ordinateur n'avait pas encore fait irruption dans les salles de rédaction –, il prenait son temps pour peaufiner son texte, rechercher le meilleur titre possible, la plus belle légende, se payait le luxe (à minuit largement passé !...) de se fendre d'un commentaire agrémenté de remarques personnelles, le tout au prix d'un paquet entier de gauloises dont la fumée le rendait invisible aux yeux de l'infortuné collègue condamné à partager avec lui la pièce.
Claude, plus que tout nous manqueront ton encyclopédique connaissance et ce sens de l'amitié qui n'appartenait qu'à toi. Ta placidité aussi, aux heures les plus difficiles de cette fichue « guerre libanaise » qui n'en finissait plus de finir.
Voilà, c'est fait maintenant. Elle est terminée, la longue épreuve de 75-90. Mais l'équipe que tu as connue, le monde du sport ne seront plus jamais ce qu'ils étaient de ton temps.

L'Orient-Le Jour

Au journal, il était le dernier à boucler ses pages, longtemps après la une, au désespoir du secrétaire de rédaction, du « montageur », de l'imprimeur et de la distribution. C'est qu'elles devaient contenir les toutes dernières nouvelles des vingt-quatre heures passées et en provenance des quatre coins de la planète Terre. De la planète Sport, devrait-on écrire plutôt. On l'aura compris : Claude Achkar, qui vient de nous quitter brutalement, vivait pour le ballon rond (ovale, accessoirement...), la piste cendrée, les terrains de toutes les superficies, les équipes de cinq, six, sept, onze, quinze joueurs. Bien sûr, ses préférences allaient à l'individuel, cet athlétisme-roi qui le faisait vibrer comme l'aurait fait pour l'esthète une œuvre d'art.Penché sur son bloc de papier – l'ordinateur n'avait pas encore...