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Sport - Auto-Moto - Rallye Dakar 2015

Laia Sanz, une intruse dans un monde de testostérone

En faisant d'elle la première femme pilote d'une écurie officielle, Honda n'a pas parié par hasard : la Catalane de 29 ans a la moto dans le sang !

Septième d'une étape du Dakar 2014, 16e au classement général final : Eulalia Sanz Pla-Giribert, alias Laia Sanz, crée la surprise. Un an plus tard au Dakar 2015, la Catalane confirme, avec déjà deux places dans le top 10, dont une extraordinaire 5e place lors de la 8e étape lundi, au pied de la dune géante d'Iquique. Franck Fife / AFP

« Elle est arrivée, Laia ? » : la question devient rituelle chez les motards du Dakar, vexés de voir Laia Sanz, une jeune femme de 29 ans, jouer les trouble-fête dans un top 10 en général 100 % testostérone.
Septième d'une étape du Dakar 2014, 16e au classement général final : Eulalia Sanz Pla-Giribert, alias Laia Sanz, crée la surprise. Un an plus tard, elle confirme, avec déjà deux places dans le top 10, dont une extraordinaire 5e place lors de la 8e étape lundi, au pied de la dune géante d'Iquique. Huitième au général mardi soir, à quatre jours de l'arrivée à Buenos Aires, elle pourrait même devenir la meilleure femme de l'histoire du Dakar moto. Devant Christine Martin, 10e en 1981.
Honda n'a pas parié sur elle par hasard, en faisant d'elle cette année la première femme pilote d'une écurie officielle. Car la Catalane a la moto dans le sang. À quatre ans, en cachette, elle pique la Montesa Cota 25 cm3 de son frère. Pour se faire la main. Dès l'âge de sept ans, encouragée par sa mère, elle fait sa première course, sur une 80 cm3. Cinq ans plus tard, ce sont ses premiers championnats d'Europe. Le grand frère, dépassé, a arrêté la moto.
« Petite, j'étais la seule fille que les garçons acceptaient au foot, parce que je jouais bien ! Pour me faire râler, ils disaient que j'étais un garçon manqué parce que je préférais jouer avec des petites voitures qu'avec des poupées », expliquait-elle juste avant le départ de ce Dakar 2015, son cinquième. Sans jamais un seul abandon.

Une « dure à cuire »...
Treize fois championne du monde de trial, trois fois d'enduro (dont un doublé le même week-end en 2013), victorieuse des trois manches des X-Games 2013, la Catalane de Seva a tout gagné, avant d'investir le monde très macho du rallye-raid. Et elle ne se contente pas d'accessit. Lors du dernier rallye de la Merzouga, au Maroc, elle est la première femme à remporter une étape d'un rallye-raid international, devant le futur vainqueur de l'épreuve, le Norvégien Pal Ullevalseter. Un nom qui n'est pas inconnu sur le Dakar, où il a remporté deux étapes, avec une 2e place au général en 2010.
« Elle est très technique, dans la pierre ou le sable, et surtout elle est très travailleuse », explique Pep Segales, un des cadres de l'équipe Honda sur le Dakar.
Mais Laia Sanz est surtout résistante au mal. « Il faisait froid, on avait les doigts gelés, et personne ne voulait y aller », expliquait-elle lundi, à l'arrivée de l'étape, revenant sur les conditions météo au départ d'Uyuni, dans l'altiplano bolivien. Froid, pluie, vent : cela ne l'empêche pas d'être la plus rapide sur le salar, une ligne droite de 135 km où elle est flashée à 175 km / h.

Fantastique outil marketing
« Son niveau est incroyable, elle travaille vraiment dur, chapeau ! » : même ses adversaires, comme son compatriote Jordi Viladoms, n° 2 de KTM, saluent sa performance. Quand ils finissent avant elle...
Officiellement, chez le constructeur nippon, on ne parle que du top 15. Et on ne regrette pas d'avoir parié sur elle : « Laia est un fantastique outil marketing, notamment pour le segment de la clientèle féminine », explique Martino Bianchi, le manager général de l'écurie. De fait, la jeune femme, photogénique et éternellement souriante, star en Espagne, est une professionnelle de la communication. Assaillie par les médias lundi après sa performance entre Uyuni et Iquique, elle enchaîne les interviews, que ce soit en espagnol, en anglais ou en catalan.
Pendant ce temps, Marc Coma, tenant du titre et quadruple vainqueur, est toujours dans la mer de dunes d'Iquique. Comme 90 autres des survivants motos du Dakar, sur les 161 au départ à Buenos-Aires. Pour tous, la réponse sera la même : « Oui, Laia est arrivée ! »
Olivier LUCAZEAU / AFP

« Elle est arrivée, Laia ? » : la question devient rituelle chez les motards du Dakar, vexés de voir Laia Sanz, une jeune femme de 29 ans, jouer les trouble-fête dans un top 10 en général 100 % testostérone.Septième d'une étape du Dakar 2014, 16e au classement général final : Eulalia Sanz Pla-Giribert, alias Laia Sanz, crée la surprise. Un an plus tard, elle confirme, avec déjà deux places dans le top 10, dont une extraordinaire 5e place lors de la 8e étape lundi, au pied de la dune géante d'Iquique. Huitième au général mardi soir, à quatre jours de l'arrivée à Buenos Aires, elle pourrait même devenir la meilleure femme de l'histoire du Dakar moto. Devant Christine Martin, 10e en 1981.Honda n'a pas parié sur elle par hasard, en faisant d'elle cette année la première femme pilote d'une écurie officielle....
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