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Liban - La Mémoire Des 90 Ans

Les habitants d’Achrafieh ont rendu à leur quartier un visage presque normal

Dans « L'Orient-Le Jour » du 27 décembre 1978

La population d'Achrafieh a fêté Noël avec discrétion et sans grand enthousiasme.
Sévèrement touché par les bombardements d'octobre dernier, Achrafieh porte encore les stigmates de l'épreuve, mais ses habitants, avec une ingéniosité étonnante, ont rendu au quartier, en quelques semaines de travail acharné, un visage presque normal.
Le souci de reconstruire l'a naturellement emporté sur le reste, et les arbres de Noël, lampions et autres décorations n'ont fait une timide apparition qu'au dernier moment.
Une attention particulière a été accordée aux « points chauds » des derniers événements : deux immenses sapins ont ainsi été installés – grâce aux Saoudiens de la FFA – sur les ponts de La Quarantaine et de Bourj Hammoud qui commandent la sortie nord de la capitale et qui avaient été le théâtre de violents affrontements.
De tels signes d'espoir en l'avenir sont pourtant rares. Pour beaucoup de gens, en effet, Noël, fête qu'on passe en famille, est un peu l'occasion de faire le point sur une année éprouvante à tous les égards. « On fête Noël parce qu'il faut la fêter, mais le cœur n'y est pas », souligne une puéricultrice qui affirme avoir noté chez les enfants dont elle s'occupe « une certaine angoisse ». « Après tout ce qu'ils ont connu, le père Noël a quelque chose d'irréel. C'est trop beau pour être vrai », dit-elle.
Les Libanais, qui ont le sens de la fête et n'hésitent pas à dépenser largement, connaissent aussi des difficultés financières. Dans beaucoup d'appartements, l'arbre de Noël a été réduit à sa plus simple expression et, autant par pudeur que par esprit d'économie, on a évité les réveillons ruineux. Les restaurants avaient d'ailleurs fait beaucoup moins de publicité dans la presse que les années précédentes.

La population d'Achrafieh a fêté Noël avec discrétion et sans grand enthousiasme.Sévèrement touché par les bombardements d'octobre dernier, Achrafieh porte encore les stigmates de l'épreuve, mais ses habitants, avec une ingéniosité étonnante, ont rendu au quartier, en quelques semaines de travail acharné, un visage presque normal.Le souci de reconstruire l'a naturellement emporté sur le reste, et les arbres de Noël, lampions et autres décorations n'ont fait une timide apparition qu'au dernier moment.Une attention particulière a été accordée aux « points chauds » des derniers événements : deux immenses sapins ont ainsi été installés – grâce aux Saoudiens de la FFA – sur les ponts de La Quarantaine et de Bourj Hammoud qui commandent la sortie nord de la capitale et qui avaient été le théâtre de...
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