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Moyen Orient et Monde

Essebsi promet d’être « le président de tous les Tunisiens »

Scrutin

Les résultats officiels confirment la victoire du candidat à 55,68 % ; la presse souligne les défis à venir.

OLJ
23/12/2014

Le vétéran de la politique Béji Caïd Essebsi a remporté à 88 ans la première présidentielle libre de l'histoire de la Tunisie, avec la lourde charge de relancer le pays après quatre ans d'une transition parfois chaotique.
Le chef du parti anti-islamiste Nida' Tounès a largement distancé le chef de l'État sortant Moncef Marzouki avec 55,68 % des suffrages au second tour de dimanche, selon les résultats annoncés hier. Le calendrier de la passation des pouvoirs n'a pas été dévoilé. « J'assure que je serai, si Dieu le veut, le président de toutes les Tunisiennes et de tous les Tunisiens », a déclaré M. Caïd Essebsi à la télévision nationale. « Je veux aussi remercier l'ex-président Moncef Marzouki qui m'a appelé tout à l'heure et m'a félicité (...). Je lui dis que le peuple tunisien a encore besoin de lui et de moi, personnellement, de ses conseils », a-t-il ajouté, alors que les deux hommes ne cachent pas leur aversion l'un pour l'autre. M. Marzouki a de son côté appelé ses partisans, notamment ceux qui ont protesté dans le sud du pays, à accepter le résultat de l'élection et « regagner leurs maisons » au nom de « l'unité nationale ». « Ce sont les règles du jeu démocratique », a-t-il dit dans une brève déclaration à la télévision publique, en appelant à « l'accalmie ». De fait, dimanche soir et hier, des heurts se sont produits dans le sud, où M. Marzouki est arrivé largement en tête du scrutin, entre policiers et manifestants qui protestaient contre les résultats de la présidentielle. Deux postes de police ont ainsi été incendiés à El Hamma, selon le ministère de l'Intérieur, et Nida' Tounès a indiqué que des protestataires avaient tenté d'incendier son local à Tataouine. M. Marzouki a par ailleurs affirmé qu'il allait porter devant l'instance électorale « de nombreuses violations » enregistrées pendant le scrutin, mais qu'il n'irait pas devant la justice au nom de « la stabilité » du pays et pour ne pas entraver la formation rapide d'un gouvernement.
Le parti de M. Caïd Essebsi, qui a remporté les législatives en octobre, va désormais devoir constituer une coalition pour gouverner, faute de majorité absolue, et composer avec les islamistes du parti Ennahda. Les présidents américain et égyptien Barack Obama et Abdel Fattah al-Sissi ont félicité le vainqueur, tandis que l'Union européenne a jugé que « les Tunisiens ont écrit une page historique dans la transition démocratique du pays ».
Les journaux tunisiens ont relevé hier les nombreux défis du pays, en particulier sur le plan économique. Quatre ans après une révolution largement motivée par la pauvreté, le chômage et la misère restent en effet endémiques alors que la croissance est anémique. « En témoignent tous ces clignotants socio-économiques qui ont viré au rouge avec surtout un appareil productif complètement grippé, un investissement en panne, un taux de chômage alarmant, un pouvoir d'achat à son plus bas et une situation sociale totalement désordonnée », souligne ainsi La Presse. L'autre grand défi est de garantir la sécurité face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée, responsable de la mort de dizaines de soldats, notamment à la frontière algérienne, et de deux figures politiques anti-islamistes en 2013. Des militants de l'État islamique (EI) ont d'ailleurs menacé la Tunisie quelques jours avant la présidentielle.
(Source : AFP)

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