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Culture - Exposition

« Marie » baroque et dans toute sa splendeur boticellienne et michelangelienne

Grandiose célébration de l'Avent, au National Museum of Women in the Art, qui salue, sous les pinceaux des grands maîtres, la « Femme bénie entre toutes les femmes ».

La Madone du livre de Boticelli.

Ce prestigieux musée à Washington qui, depuis sa création en 1981, exalte la créativité féminine, donne à voir en cette période de l'Avent une magnifique exposition intitulée « Peindre Marie : femme, mère, idée ». Ce qu'avait magistralement réalisé durant la Renaissance et l'époque baroque Boticelli, Dürer, Michelange, le Caravage, David, Pontormo, Gentilischi et Sirani dans des œuvres célèbres. Elles ont été prêtées par les musées du Vatican, du Louvre, le Palazzo Pitti, la galerie Uffizo et des collectionneurs privés. Ce projet de grande envergure a été mis sur pied en collaboration avec la prestigieuse organisation culturelle de Rome, MondoMostre.

Le curateur de l'événement, l'évêque Timothy Verdon, est un des grands connaisseurs de l'art marial et le directeur du musée de l'Opera del Duomo de Florence. Lors d'une visite consacrée à la presse, il a précisé : « Durant plus d'un millénaire, l'un des plus importants sujets traités par l'art occidental était une jeune femme : Marie, la mère de Jésus. Son nom a été donné à des cathédrales, son visage imaginé par des peintres et ses sentiments explorés par des poètes. Cette exposition aborde le concept de la féminité telle que représentée par la Vierge Marie et le pouvoir que son image a exercé à travers le temps, dans le domaine sacré et social durant la Renaissance et l'époque baroque. »

Somptueuse pour les Médicis

Et cette « Femme, bénie entre toutes les femmes », apparaît au National Museum of Women in the Arts à travers une soixantaine de peintures, de sculptures et de textiles, portant des signatures aussi bien masculines que féminines, quoiqu'au XVIe siècle ces dernières étaient supposées figurer uniquement sur des natures mortes et des portraits. Or Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola, Orsola Madalenna et Elisabatta Sirani se sont faites une place au soleil aux côtés de Boticelli, Tiepolo, Batiste et les autres talents de génie de l'époque pour s'engager dans le symbolisme narratif qui s'était développé autour du sujet de Marie et ont conjointement enrichi et diversifié son halo.

L'une des premières évocations de la Vierge, due à Puccio Capanna (élève de Giott), la montre entourée de plusieurs saintes, pour mettre en valeur le modèle de vertu et de foi qu'elle constituait pour toutes les femmes. Par ailleurs, le curateur fait remarquer que les somptueuses représentations de Marie (vêtue de brocard et ornée d'or et de perles) étaient destinées à refléter les grandes vies des commanditaires, dont la famille des Médicis qui a aidé à l'essor de la Renaissance.

Plus familière pour Boticelli

Sandro Boticelli (relevant du patronage du pape Sixtus IV) a peint une Vierge plus familière, un livre de prière en main, au côté de son enfant. Puis, on a vu une Marie plus proche de tous dans les communautés monastiques : témoin, un bas-relief en terra cota où elle apparaît en silhouette plus simplifiée pour accentuer son intense spiritualité et une autre statue dans le même matériau, aussi épurée avec l'enfant Jésus sur les genoux. Quant à Gentileschi, la première femme disciple du Caravage, elle a également une conception humble de la Vierge. Elle l'a peinte comme une paysanne aux pieds nus, donnant le sein à son enfant, enroulé dans un tissu ordinaire.

« Peindre Marie » est le dernier en date des projets qu'entreprend le National Museum of Women in the Art, dans le cadre de son programme continu ciblant la créativité féminine et son apport à l'art et à la culture en général. Dans cet esprit, le musée a déjà donné à voir les thèmes suivants : une collection impériale, femmes artistes au musée de l'Ermitage, et des royalistes aux romantiques, femmes artistes du Louvre, de Versailles et autres collections nationales françaises.

Femmes du monde entier, ce musée américain vous aime, car il perce ses murs, actuellement consacrés à Marie, pour saluer, par le biais d'une exposition montée sur Internet, la Marie du monde entier. Sans oublier la Vierge de Guadeloupe, apparue à un indigène du Mexique en 1531, et la Vierge noire vénérée aux Caraïbes.
Qui n'a cent fois admiré les Nativités, les Vierges et l'Enfant, les Fuites dans le désert ?


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Un art sacré

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