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Culture - Portrait

Vahram Davtian en ses jardins des délices

Fastueux et improbable mariage de l'onirisme et du surréalisme avec la palette saupoudrée de poudre de perlimpinpin de Vahram Davtian, le plus surprenant des peintres arméniens contemporains. Regard sur un univers d'autrefois d'une cour de jadis, à travers meurtrières, donjons et tourelles.

Un monde déluré et foisonnant. Onirisme déroutant pour des images insolites, authentique éloge à la folie et à une humanité habitée de toutes les contradictions. Le signataire de cet univers baroque et insaisissable, sans frontière ni précision géographique, entre passé, présent et futur ? Vahram Davtian.
Un énigmatique peintre arménien, né en 1967 à Vanadzor, témoin silencieux de grands évènements qui ont marqué le siècle et ses remous, surtout du côté des terres de l'Est. Si la palette éblouissante et l'imaginaire débridé de cet artiste au pinceau virtuose fascinent, les détails de la vie et du personnage, par contre, sont parfaitement à l'ombre. Mais qu'importe ! L'œuvre est si éloquente qu'elle jette une lumière et un éclairage suffisants pour oublier et transcender tout le reste.
On garde en mémoire cependant que Vahram Davtian, formé aux beaux-arts d'Erevan, a assisté à l'effondrement du rideau de fer, au redoutable séisme de Spitak, et a largement contribué à la rénovation et l'éclatement de la peinture postsoviétique.
Incidents de parcours, diriez-vous, mais qui ont substantiellement infirmé la courbe d'une inspiration et la rigueur d'une technique de narration. Et forgé un style. Qui a notablement évolué dans le temps jusqu'à l'oublier, le gommer et se réfugier en des zones d'une renaissance certes lumineuse, mais inquiète et inquiétante.
Narration qui a fait siens, entre autres, le langage et le profil des donjons, tourelles, hennins, hiboux et cerceaux de troublants saltimbanques citoyens du monde. Tout en gardant des points de repère modernes comme une île garderait sa phosphorescence au milieu des mers...
Lente déambulation dans ce jardin des délices (Bruegel et Bosch ne sont pas ici des noms du hasard !) où la vie s'épanouit en toute fantaisie, entre faune et flore étranges. Sans contrainte ni rempart. En des transparences et des architectures vertigineuses.
Actants turbulents un temps reculé, comme échappés au théâtre de Michel de Ghelderode, offrant tous les masques et subterfuges d'une période riche en mutation. Des personnages oisifs, attifés d'atours parfois carnavalesques, font une ronde théâtrale amusante, presque hallucinante. Et néanmoins saisissante car objet de plus d'une interrogation quant à ces manipulations de ficelles de marionnettistes à tous crins. Paysages ludiques mais sur fond d'inextricables problèmes existentiels.
L'innocence n'est pas la vertu de Vahram Davtian. Sa qualité majeure serait plutôt la curiosité que ses toiles suscitent. De connaître, comprendre, savourer, désirer, vivre. En touches subtiles et magiciennes, l'artiste parle d'un éden perdu. Sans le nommer, sans le cerner. Ces toiles extravagantes sont un violent mélange de tout ce que l'homme peut avoir de salutaire ou de condamnable. Un être vivant qui tente de se racheter par la beauté, pointe acérée et fine du pinceau et de la palette d'un créateur fervent ami des rêves inexplicables et inexpliqués...

Un monde déluré et foisonnant. Onirisme déroutant pour des images insolites, authentique éloge à la folie et à une humanité habitée de toutes les contradictions. Le signataire de cet univers baroque et insaisissable, sans frontière ni précision géographique, entre passé, présent et futur ? Vahram Davtian.Un énigmatique peintre arménien, né en 1967 à Vanadzor, témoin silencieux de grands évènements qui ont marqué le siècle et ses remous, surtout du côté des terres de l'Est. Si la palette éblouissante et l'imaginaire débridé de cet artiste au pinceau virtuose fascinent, les détails de la vie et du personnage, par contre, sont parfaitement à l'ombre. Mais qu'importe ! L'œuvre est si éloquente qu'elle jette une lumière et un éclairage suffisants pour oublier et transcender tout le reste.On garde en mémoire...
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