X

Culture

« Le Chat » de Geluck ronronne en arabe

Le Salon du livre francophone - Bande dessinée

Avec un air des plus placides, il sort les commentaires les plus acides. « Le Chat », le fameux félin de la bande dessinée de Philippe Geluck, vient d'être traduit en arabe par Lara Rabah chez Dar Arcane et fera l'objet d'une table ronde aujourd'hui au Biel.

03/11/2014

Le Chat de l'artiste dessinateur Philippe Geluck, ce félin anthropomorphe et ventripotent, en lunettes et costard, est né un 22 mars 1983 dans le journal belge Le Soir. D'un «comic strip» de quotidien, il est devenu une figure emblématique de la satire de notre... quotidien (d'Homo sapiens). Avec 19 albums parus chez Casterman, des traductions en anglais, en ch'ti, en bruxellois, en breton, en néerlandais, le voici donc en arabe, chez Dar Arcane. Cette maison d'édition qui a publié ses premiers ouvrages il y a tout juste un an, s'intéresse particulièrement à la bande dessinée, à l'illustration et au théâtre. «Il était donc tout à fait normal de se lancer dans l'aventure de la traduction arabe du Chat, ou plus précisément son adaptation», remarque Bruno Barmaki, cofondateur d'Arcane. Et il tient à préciser qu'il s'agit là non pas d'une traduction littérale, mais plutôt d'une adaptation à la langue et aux particularités d'une région. « Cela fait partie des défis rencontrés pour une telle entreprise, souligne l'éditeur. Celui de trouver une personne capable d'adopter le texte français et de l'adapter à la réalité arabe et libanaise, tout en restant fidèle à l'esprit de l'original et à l'humour du Chat. Nous sommes ravis d'avoir pu collaborer avec la traductrice Lara Rabah, qui nous permet de côtoyer un Nabil barman ou une Zeina de la Békaa-Ouest, le temps d'un phylactère, dans la bouche même du Chat ».

Et d'ajouter : «Le deuxième défi majeur reste à relever : celui d'introduire le Chat dans sa version arabe auprès de lecteurs qui ne le connaissent pas nécessairement, mais aussi auprès des fans de Geluck qui connaissent par cœur la version française et les inciter à faire la connaissance, cette fois-ci, du "Herr".» Ce premier album porte le nom de Harahir... « C'est une excellente idée de Lara Rabah. Le titre de l'album original est Entrechats. Ce n'est pas une traduction littérale, comme d'ailleurs la majorité de l'album, mais elle reflète merveilleusement bien l'esprit du titre original. Nous avons opté sans hésiter pour ce titre. »

Le Chat, n'est pas seulement un album de BD, c'est aussi le comic strip du journal et une marque déposée de toute une flopée de produits (fournitures, télé, art, application..). Une variété de produits en arabe aussi ? « Des gags de Harahir sont publiés chaque semaine dans le quotidien libanais al-Akhbar, pour introduire le personnage et son humour auprès des lecteurs arabophones », note Barmaki. « Quant à la question des produits dérivés, elle se posera une fois le succès confirmé. » L'éditeur adresse cette nouvelle parution à toute une brochette de lecteurs. Et de citer, en vrac : les arabophones, les bédéphiles, les beaucoup moins adolescents, les « félinophiles », les « ailurophiles », les fans de Geluck, les désabusés, les laissés-pour-compte, les optimistes, les hommes au foyer, les directeurs de banque... Pour ce qui est des visées géographiques, il ne nie pas que l'objectif ultime est d'étendre la distribution aux pays arabes. « Mais ce n'est pas chose évidente, reconnaît-il, les réseaux n'existant tout simplement pas, ou peu. C'est pourquoi nous projetons de le faire directement avec les acteurs concernés. En attendant, l'album est disponible dans les principales librairies libanaises. »

Quelles sont les grandes lignes que les lecteurs arabophones doivent savoir du Chat et de son auteur ? Bruno Barmaki rappelle que Geluck est parfois plus célèbre que son Chat. « Les Libanais le connaissent via la télévision, notamment dans sa participation à l'émission de Laurent Ruquier et aux épisodes de M. Dictionnaire. » Quant aux albums, il indique que leur humour est quelque peu particulier, « qu'ils ne sont pas nécessairement habitués à lire, mais qui leur est beaucoup moins étranger à l'oral ».

Pour conclure, Bruno Barmaki tient a préciser que chez Dar Arcane, « nous avons tenu à avoir un album aussi bien fignolé que l'original : il est cartonné, avec un papier de qualité, de belles couleurs et une traduction professionnelle. Nous souhaitons casser cette image du livre traduit : on a l'impression que c'est une photocopie effectuée chez l'épicier du coin, avec du papier translucide et une traduction douteuse. Les lecteurs d'ouvrages en arabe ont droit eux aussi à un livre d'excellente qualité, agréable à lire, à toucher, à regarder et à offrir ».
Patte de velours ou griffes tous azimuts ? Quoi qu'il en soit, il est désormais parmi nous, le minou.

• Table ronde aujourd'hui à 17h, animée par Bruno Barmaki avec Lara Rabah, Jamal Chehayed et Nadim Tarazi (salle A).
• Signature à 18h, au stand de la librairie Antoine.

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué