Le Portugal comptait tourner la page peu glorieuse du Mondial 2014 en recevant l'Albanie en ouverture des qualifications pour l'Euro 2016, mais, sans Cristiano Ronaldo, la surprenante défaite subie dimanche (1-0) a confirmé ses lacunes.
Malgré le forfait sur blessure du capitaine portugais, le verdict de la presse était sans appel : « Honte. L'absence de Cristiano Ronaldo n'explique pas tant d'incompétence », tranchait hier le quotidien sportif Record.
« La plus grande honte de l'histoire de la Seleçao. Même sans Cristiano Ronaldo, il n'y a pas d'excuse pour une défaite aussi ridicule », renchérissait son concurrent A. Bola.
Éliminé dès le premier tour à la Coupe du monde au Brésil, marqué par la débâcle face à l'Allemagne (4-0) et une série de blessures inouïe, le Portugal a fait le choix d'une transition en douceur en maintenant le sélectionneur Paulo Bento à son poste.
L'entraîneur de 45 ans, pourtant réputé pour ses idées fixes, a donc tenté de donner un peu de sang neuf à son équipe, sans pour autant opérer la révolution réclamée par ses détracteurs.
Au-delà des changements imposés par les absences pour blessure, Bento a ainsi renoncé à son habituel trio du milieu de terrain pour aligner les jeunes William Carvalho (22 ans) et André Gomes (21 ans) aux côtés du meneur de jeu Joao Moutinho, laissant Miguel Veloso et Raul Meireles sur le banc.
L'avenir de l'équipe du Portugal devrait logiquement passer par ces deux promesses fermes, mais Carvalho ne jouait dimanche que son septième match international et Gomes faisait sa toute première apparition à ce niveau.
Si la relève n'est pas encore mûre au milieu de terrain, ce n'est pas ce secteur qui a le plus à rougir de la contre-performance réalisée face à l'Albanie.
Leçon d'efficacité
Le manque de vitesse et de réactivité de la charnière défensive formée par les tauliers Pepe (31 ans) et Ricardo Costa (33 ans) a été manifeste lors du but albanais marqué en contre par Belkim Balaj.
Avec deux tirs cadrés en autant de tentatives, l'Albanie a donné une leçon de réalisme aux Portugais, qui ont frappé vers ses filets à 19 reprises en visant juste quatre fois seulement.
Promu capitaine en l'absence de Ronaldo, qui cumule ce statut avec celui de meilleur artilleur de l'histoire du Portugal (50 buts en 114 matches), Nani a fait preuve d'initiative sans toutefois parvenir à trouver la brèche dans le mur défensif albanais.
Témoignant du manque de solutions offensives à la disposition de Bento, Eder était le seul avant-centre présent dimanche. L'attaquant de Braga s'est montré tout aussi maladroit qu'au Mondial brésilien et cherche toujours son premier but après 12 sélections.
« La question de l'efficacité est prépondérante, car nous nous sommes créé suffisamment d'occasions pour obtenir un match nul et même pour gagner », a reconnu Bento en refusant de « tout remettre en cause après le premier match ».
La qualification pour l'Euro 2016, qui se jouera pour la première fois à 24 équipes, reste pour l'heure un objectif à la portée du Portugal, versé dans le groupe I avec, outre l'Albanie, le Danemark, la Serbie et l'Arménie. La Seleçao est d'ailleurs habituée aux mauvaises campagnes qualificatives et à obtenir son billet pour les grands tournois en passant par les barrages.
Mais Bento devra sérieusement revoir sa copie et prier pour un retour en force de Ronaldo s'il veut éviter une nouvelle humiliation en match amical face à la France, le 11 octobre, avant un déplacement périlleux au Danemark trois jours plus tard.
(Source : AFP)


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