L'Angleterre, qui a définitivement enterré lors du pire Mondial de son histoire une « génération dorée » qui n'aura rien gagné, part d'une page blanche pour se reconstruire et s'interroge déjà avant d'entamer ce soir contre la Suisse les éliminatoires de l'Euro 2016.
Les départs autour de l'été des monuments Ashley Cole, Franck Lampard et surtout Steven Gerrard ont créé un bel appel d'air dans la sélection, mais cela ne facilite pas pour autant la tâche du sélectionneur Roy Hodgson avant de retrouver cette Nati qu'il a dirigée entre 1992 et 1995.
Derrière les 96 sélections de Rooney, le nouveau capitaine fragilisé par le brassard mercredi contre la Norvège, Cahill, fait figure d'ancien en défense avec seulement 28 capes.
Confronté au manque de profondeur de son réservoir, l'Angleterre va donc devoir encore traîner des joueurs simplement valeureux comme Baines, Jagielka, Lambert ou Milner.
À l'image de Sterling, encore éblouissant contre les Scandinaves, elle possède pourtant quelques talents et promesses pour l'avenir, mais la première partition inachevée dans la foulée d'une élimination au premier tour de la Coupe du monde, après deux défaites et un nul rappelle que la reconstruction va prendre du temps.
Hodgson, nerveux mercredi après une rencontre qui a juste permis de mettre fin à cinq matches sans victoire, semble lui-même hésiter. L'expérience du 4-2-3-1 au Brésil ayant fait long feu, le technicien est repassé au bon vieux 4-4-2, mais son équipe a décollé quand il est passé à trois au milieu.
À sa décharge, entre les retraités et les blessés, il lui manque pas moins de 14 joueurs qui comptent. Dont le jeune Ross Barkley qui a été rafraîchissant pendant le Mondial. Sturridge, le choix n° 1 devant, est aussi venu s'ajouter à la liste contre la Suisse et sera remplacé par Welbeck, un cran en dessous.
Le droit d'aînesse semble pourtant avoir vécu en Angleterre et Hodgson semble décidé à accélérer le renouvellement des cadres, même s'il ne peut aller plus vite que la musique.
Malheureusement pour lui, il doit composer avec une opinion qui accepte que son équipe ne soit pas la meilleure mais exige qu'elle redevienne excitante et agréable à regarder.
« On pourrait avoir à subir et ne pas pouvoir dominer pendant de longues périodes, a donc déjà prévenu Hodgson. On pourrait se retrouver dans la même position que la Norvège mercredi contre nous. Les Suisses, surtout à domicile, n'auront pas du tout le même état d'esprit que les Norvégiens. Ils ont besoin de gagner. »
La position de la Suisse n'est pourtant pas beaucoup plus confortable.
Déjà, elle reste sur huit matches sans victoire contre les Trois Lions depuis leur 3e succès en 22 oppositions en 1981.
Et si, avec Shaqiri, Xhaka ou même Rodriguez, elle a su optimiser un vivier limité, la 9e nation du classement Fifa, malgré un mondial réussi et achevé en poussant l'Argentine en prolongations en 8e de finale (1-0), n'est jamais aussi complexée que quand elle affronte un nom ronflant.
« Contre une nation aussi grosse que l'Angleterre, on n'est jamais favori, assure ainsi le défenseur Philippe Senderos. Nous sommes toujours un petit pays, même si on progresse bien et que l'on se qualifie pour les gros tournois. »
Enfin, s'il y a un bon moment pour prendre des Helvètes qui ont remplacé Ottmar Hitzfeld par Vladimir Petkovic, c'est bien maintenant, dès le début de la campagne.
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