Lavillenie lors d’une exhibition à Londres, il y a quelques semaines. Photo AFP
« Ça m'a fait beaucoup de bien », reconnaît le « Napoléon » de la perche, prêt à en découdre dès aujourd'hui en Suisse, pour des qualifications a priori sans problème. La finale, elle, est programmée samedi à partir de 16h00, heure de Beyrouth.
Après avoir répondu, rien qu'en juillet, à une centaine de sollicitations de toutes sortes, Lavillenie a volontairement refermé sa bulle. « Je joue toute ma saison sur cet Euro », souligne-t-il pour expliquer sa démarche.
« Il y avait de la lassitude mentale et physique. Avec ces trois semaines qui viennent de passer, j'arrive détendu. On a pu faire un rappel de travail physique, ce qui est toujours bien, mais j'avais besoin avant tout d'une coupure mentale. J'ai connu huit à neuf semaines de sollicitations intenses », explique-t-il à propos de son début de saison estivale.
L'hiver avait déjà été bien plus riche en obligations que d'habitude, dans le sillage de son record du monde à Donetsk en février (6,16 m).
« Le nombre de sollicitations s'est accru considérablement, et c'est aussi la longueur de ces sollicitations qui s'est allongée. Avant, j'avais par exemple un point presse d'une demi-heure, maintenant j'en ai plusieurs, pour trois heures voire plus. C'est autant d'énergie que l'on perd et que l'on n'a plus pour le stade », souligne-t-il.
Objectif : 3e titre d'affilée
Mais Lavillenie, excellent communicant, s'est volontairement plié à ce jeu et ne regrette en rien ces efforts.
« Il faut se faire à l'idée que c'est ma nouvelle vie. Il y a eu beaucoup d'effervescence et si j'ai voulu couper, ce n'est pas parce que j'en avais marre en tant que tel. C'est tout simplement pour être tranquille », insiste-t-il.
À Aubière, son fief sur les hauteurs de Clermont, le champion olympique a pu « bien s'entraîner ».
« J'ai très, très peu parlé au téléphone et c'était bon, souffle-t-il. À l'entraînement, il n'y avait plus de caméra ou d'appareil photo et c'est important de se préserver une intimité professionnelle avec le coach et les partenaires d'entraînement. »
Son entraîneur Philippe d'Encausse abonde : « Ça lui a fait du bien de se réentraîner. Mais tout cela était bien programmé depuis le record du monde. On a vu qu'il y avait trois semaines de calme possibles avant Zurich, donc on s'est organisé en ce sens. Il était fatigué mais pas à plat. »
Frais mentalement et au top physiquement, « comme cet hiver », Lavillenie arrive donc à Zurich totalement débarrassé des suites de sa blessure au pied, contractée le soir de son record du monde : « Depuis un mois, je me sens totalement libéré de ma blessure, je n'ai plus aucune douleur. »
En bon compétiteur, son premier objectif est de décrocher un 3e titre européen consécutif, ce qui ferait de lui le deuxième perchiste de l'histoire à y parvenir, après l'Allemand Wolfgang Nordwig (1966, 1969, 1971).
Accessoirement, il remporterait son 20e concours consécutif...
Cela fait, Lavillenie espère établir un nouveau record des championnats, actuellement à 6,00 m par le Russe Rodion Gataullin à Helsinki en 1994.
Et après ? « J'ai mes hauteurs suivantes en tête », sourit-il.
(Source : AFP)


