Antoine Bello.
Avant de découvrir les 607 romans de la rentrée littéraire en France, dont ceux de pointures comme Emmanuel Carrère ou Olivier Adam parmi les 404 nouveautés françaises d'un millésime 2014 prometteur, les vacanciers pourront se délecter de quelques-uns des coups de cœur de l'année.
Dépaysement et frissons garantis avec un polar venu du Nord, Vodka, pirojki et caviar (Gaïa) de la Norvégienne Monica Kristensen dans lequel se télescopent avec maestria géopolitique et enquête criminelle. La romancière nous entraîne sur l'archipel arctique du Svalbard, gouverné par les Norvégiens et peuplé de mineurs russes. Une plongée dans un monde glacial et fascinant.
Pour un autre genre de frisson, l'Allemand Timur Vermes imagine dans Il est de retour (Belfond) la réapparition, de nos jours à Berlin, du vrai Adolf Hitler, devenu star de la télé. Hilarante et édifiante, cette satire virtuose interroge sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité.
Révélation de l'année, couronné par une pléiade de prix, le saisissant livre de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants (Verticales), récit d'une transplantation cardiaque, est une éblouissante ode à la vie, à lire de toute urgence.
À découvrir également, le roman de Céline Minard Faillir être flingué (Rivages), prix du Livre Inter 2014, un western choral qui joue avec le mythe de l'Ouest américain à travers les aventures de personnages hauts en couleur.
Pour un voyage aux origines de l'humanité, Jean d'Ormesson raconte lui dans Comme un chant d'espérance (Héloïse d'Ormesson) rien moins que l'histoire de l'univers. Sous les traits d'un détective métaphysique, l'académicien de 89 ans tente avec gaieté, simplicité et érudition de percer ce mystère. Ravissements et surprises sont au rendez-vous de ce livre lumineux déjà en tête des
ventes.
Portrait de l'Amérique contemporaine
C'est une formidable plongée romanesque au cœur du système politique français que propose Marc Dugain dans L'Emprise (Gallimard), avec un candidat à la présidentielle, le patron d'un groupe militaro-industriel, des agents secrets ou encore un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille...
De l'autre côté de l'Atlantique, Antoine Bello trace dans Roman américain (Gallimard) un portrait de l'Amérique contemporaine dans un récit original et drôle, où il mêle économie et littérature. Une radiographie tragi-comique du capitalisme à travers le microcosme d'une résidence de Floride.
Parmi les premiers romans, 31 février (Plon) de Hafid Aboulahyane, comédien et metteur en scène, raconte les aventures trépidantes de trois pieds nickelés qui se lancent au Maroc dans le « bizness » de l'immobilier. Une comédie remplie d'arnaques façon la Vérité si je mens à savourer dans la bonne humeur.
Un zeste de drame et des flots de rire, aussi, avec Une putain de catastrophe de l'Américain David Carkeet (Monsieur Toussaint Louverture) où l'on retrouve l'extravagant linguiste Jeremy Cook dans une mascarade jubilatoire de thérapie de couple. Une comédie loufoque, doublée d'une réflexion sur les non-dits qui minent bien des unions.
Du côté des best-sellers, la trilogie de Katherine Pancol Muchachas (Albin Michel), où des filles mènent la danse de New York à Paris, de Londres à Miami, se glissera sans doute dans beaucoup de valises, tout comme La Faiseuse d'anges (Actes Sud) de la Suédoise Camilla Läckberg. L'intrigue se situe toujours à Fjällbacka, charmante station balnéaire qui cache de sordides secrets.
Pour retenir le temps qui passe, vous pourrez vivre Un été avec Proust (Les Équateurs/France Inter), balade stimulante aux côtés des meilleurs spécialistes de l'auteur de La Recherche.
Quant aux nostalgiques de SAS ou San Antonio, ils pourront se plonger dans une nouvelle collection de « littérature de gare », B.R.P. (Télémaque), dont chaque titre est écrit par un auteur de polar et un policier de la Brigade de répression du proxénétisme.
(Source : AFP)

