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Liban

Forum médiatique libano-italien à Rome : aider les institutions publiques pour stabiliser le Liban

L'Italie s'intéresse réellement à la situation libanaise et souhaite sincèrement contribuer positivement à un déblocage au Liban. C'est la conclusion à laquelle ont abouti les huit journalistes invités par le ministère italien des AE à Rome pour un forum qui a précédé la conférence internationale de soutien à l'armée. Les journalistes qui représentaient la diversité médiatique et sociopolitique libanaise (LBCI, NTV, MTV pour les télés, L'Orient-Le jour, Daily Star, al-Akhbar, as-Safir et an-Nahar pour la presse écrite) ont été ainsi invités à s'exprimer sur les situations politique, économique et stratégique au Liban à la lumière de ce qui se passe dans la région et en particulier de l'afflux des réfugiés syriens, devant un parterre choisi de fonctionnaires du ministère des AE et de journalistes spécialisés dans les questions internationales et en particulier le Moyen-Orient, en présence de l'ambassadeur d'Italie au Liban Giuseppe Morabito. Les Italiens étaient avides de comprendre et les Libanais soucieux d'expliquer, loin du radicalisme habituel des médias libanais et loin aussi de toute polémique. L'échange qui a duré plus de sept heures a été truffé de discussions intéressantes sur le fond des problèmes auxquels est confronté aujourd'hui l'ensemble de la région et montre bien que l'intérêt de l'Italie pour le Liban dépasse la contribution à la Finul dont elle continue à prendre le commandement, puisque le général Portolano remplacera dans un mois et demi le général Serra.

Renforcer l'armée libanaise
Au cœur des débats, le terrorisme qui a aujourd'hui un nouveau visage, celui des mouvements islamistes extrémistes, les réfugiés syriens et les possibilités pour le Liban de préserver sa stabilité interne. Après une présentation du responsable de l'information au ministère italien des AE Aldo Amato et une courte allocution du vice-ministre des AE Lapo Cristelli, les journalistes libanais ont été invités à s'exprimer en alternance avec des journalistes italiens spécialistes du Moyen-Orient, certains d'entre eux ayant même séjourné au Liban. Les Italiens ont insisté sur l'importance que leur pays accorde au Liban comme modèle de coexistence et comme pays d'ouverture et de dialogue, alors que les Libanais ont estimé en général que l'engagement de la communauté internationale en faveur de la stabilité du Liban est certainement un élément positif. Ils ont toutefois précisé qu'il doit s'accompagner d'une consolidation de l'entente interne pour que la stabilité ne soit ni provisoire ni fragile. Pour cela, l'attitude la plus efficace est de renforcer l'État libanais et ses institutions, dont l'armée. Pour certains, la présidence est un facteur important de la stabilité, pour d'autres, il s'agit essentiellement d'empêcher l'émergence d'États dans l'État et pour d'autres encore, la sécurité et le renforcement du rôle de l'armée sont primordiaux. Certains ont mis l'accent sur le fait que le régime libanais depuis sa création a été conçu comme une sorte de fédération entre les communautés, chacune étant plus forte que l'État et cherchant pour se renforcer encore plus par rapport aux autres l'appui de pays étrangers. Ce qui a ouvert la voie aux interférences étrangères dans la situation interne et qui a rendu le Liban tributaire des développements régionaux et internationaux. D'autres ont encore mis l'accent sur le poids économique et démographique des réfugiés sur un pays qui est déjà en crise économique et dont le tissu social et politique repose sur un fragile équilibre entre les communautés.

Le rôle d'Israël
Sur le plan régional, les commentaires ont surtout été axés sur les développements en Syrie et en Irak et bien entendu, le rôle du Hezbollah dans la guerre en Syrie a été longuement évoqué. Certains journalistes ont posé la question des minorités dans la région, menacées par la montée en puissance des groupes islamistes affiliés à el-Qaëda, d'autres ont parlé du conflit régional entre l'Iran et l'Arabie saoudite et de la crainte d'une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui ferait le jeu d'Israël et remettrait en selle l'État hébreu comme gendarme de la région et comme oasis de stabilité dans un monde arabo-musulman voué aux turbulences. Certains journalistes ont profité de l'occasion pour dénoncer le rôle d'Israël dans les tourmentes de la région, en augmentant implicitement les facteurs de déstabilisation confessionnelle pour justifier l'État juif et en continuant de priver les Palestiniens de leurs droits élémentaires. Le correspondant de la radio israélienne, qui a assisté au forum sous couvert de journaliste spécialiste du Moyen-Orient, en a aussitôt profité pour tenter d'approcher un à un les journalistes libanais, sans succès. Il a d'ailleurs été surpris par le fait que la plupart des journalistes libanais présents ont estimé qu'au final, l'intervention du Hezbollah dans la guerre en Syrie, notamment dans les régions frontalières avec le Liban, peut être considérée comme positive puisqu'elle a permis de réduire l'infiltration d'éléments extrémistes par la frontière poreuse entre les deux pays et parce que depuis la prise par le régime syrien aidé du Hezbollah de la plus grande partie de la région frontalière, les attentats à la voiture piégée et les tirs d'obus sur la Békaa ont largement diminué. Certains journalistes ont même été jusqu'à considérer le Hezbollah comme un facteur de stabilité au Sud grâce à sa coopération avec l'armée alors que d'autres ont préféré insister sur le rôle de l'armée comme principal élément de stabilité au Sud mais aussi dans tout le pays. De l'avis des présents, les discussions étaient profondes et instructives, le souci de clarté et de l'intérêt du Liban et de l'Italie primant sur toutes les autres considérations. La menace des « jihadistes » a ainsi occupé une partie des échanges, ainsi que l'expérience de l'Italie dans le flux des immigrés clandestins qui est à la fois une question humanitaire mais pose aussi un problème sécuritaire et national au pays. Sans parler de la dimension économique qui n'est certes pas à négliger alors que l'Europe tout entière est en crise à ce niveau...
Le dialogue entamé dans le cadre du forum s'est poursuivi au-delà des séances de travail. Il avait d'ailleurs commencé la veille dans le décor féérique de la villa Madama, par une réception donnée en l'honneur des journalistes libanais. « Villa » est d'ailleurs le nom modeste donné à ce palais qui constitue le joyau du ministère italien des Affaires étrangères réservé aux hôtes prestigieux et aux réunions internationales importantes. Ce soir-là, les invités n'étaient peut-être pas prestigieux mais ils ont apprécié à leur juste valeur les salons magnifiques, les plafonds travaillés, le marbre des dalles et des cheminées, jusqu'à la baignoire ancienne, qui est à elle seule un véritable chef-d'œuvre... De quoi faire rêver même les plus terre à terre et laisser de côté l'espace de quelques instants les soucis d'une actualité lourde et complexe.

L'Italie s'intéresse réellement à la situation libanaise et souhaite sincèrement contribuer positivement à un déblocage au Liban. C'est la conclusion à laquelle ont abouti les huit journalistes invités par le ministère italien des AE à Rome pour un forum qui a précédé la conférence internationale de soutien à l'armée. Les journalistes qui représentaient la diversité médiatique et sociopolitique libanaise (LBCI, NTV, MTV pour les télés, L'Orient-Le jour, Daily Star, al-Akhbar, as-Safir et an-Nahar pour la presse écrite) ont été ainsi invités à s'exprimer sur les situations politique, économique et stratégique au Liban à la lumière de ce qui se passe dans la région et en particulier de l'afflux des réfugiés syriens, devant un parterre choisi de fonctionnaires du ministère des AE et de journalistes...
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