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Culture - Vient De Paraître

« Frannjé », le premier opus de Déborah Pharès, sort juste du four

Déborah Pharès, jeune maman de « Madmozél », cette série d'illustrations pleine d'humour mettant en scène une déjantée siliconée que les lecteurs de « L'OLJ » retrouvent chaque lundi dans leur journal favori, signe aujourd'hui le premier livre, « Madmozél Frannjé » (éd. Arcane) à partir de 17h à la librairie Antoine aux Souks de Beyrouth.

Deborah Pharès en mode « selfie ».

Danseuse, publiciste et illustratrice, Pharès jongle également avec les lettres pour (re)composer des mots en franbanais (français/libanais) qu'elle épingle avec sa « Madmozél ». Quatre questions à l'artiste.

Comment a démarré la série « Madmozél » ?
« Madmozél » est née en 2010 dans L'Orient-Le Jour. C'est la cousine de « Abou Ras », un autre de mes personnages qui explore le langage libanais. Réalisant qu'il existe des MNIL (mots non identifiés du langage libanais) que nous utilisons au quotidien, par exemple « kalamantina » « bomor » « dériéréta » « mhastra » « madamté »... « Madmozél » décide de les rassembler et les illustrer avec humour. La coquine scrute donc l'intrusion des mots étrangers dans le langage parlé libanais et aura toujours du pain sur la planche tant qu'il y aura des mots et des cultures.

La fille sur le dessin, c'est vous ? C'est qui ?
Elle pourrait être moi pour sa curiosité et son amour des mots. Mais « Madmozél » représente surtout tous les Libanais et il y a une Madmozél en chacun(e) de nous ! Elle a aussi, comme la plupart de nos compatriotes, un pied en Orient et l'autre en Occident. Madmozél hérite tout naturellement d'un nom « à la libanaise » et d'un look « libanisé », comme les mots qu'elle illustre. Elle a une immuable bouche pulpeuse et des seins refaits qui rebondissent, le gauche étant plus grand que le droit, un clin d'œil à la morphologie féminine. Madmozél est esquissée en 3 cercles. Quant au corps, il évolue avec le temps et les mots qu'elle dessine : elle grossit quand elle mange trop de « baskoté » mais retrouve sa taille de guêpe en « hot coutir »...

Est-ce une manière de promouvoir le  franbanais ?
Le premier volume Madmozél Frannjé est dédié aux mots d'origine française. Les suivants mettront en avant les mots qui sont d'origines anglaise, italienne, espagnole, turc, russe... « Madmozél » démontre notre influence et notre ouverture sur le monde extérieur. Elle met aussi en avant le sens pratique des Libanais et leur adaptation rapide au monde qui évolue. Il y a quelques années, par exemple, personne ne disait « maskellé » pour demander à quelqu'un de lui faire un « missed call » (appel en
absence) !

Il y a également une série de tee-shirts et autres articles développés autour de « Madmozél » ?
« Madmozél » a du succès auprès de ses fans et elle a remporté le prix Boghossian d'illustration en 2013. De plus, les mots sont faits pour être partagés et distribués, ce qui m'a poussée à créer des tee-shirt, des bloc-notes et une série de petits tableaux à partager et à offrir. Même le livre est conçu de manière à pouvoir être détaché et distribué en pièces.

Danseuse, publiciste et illustratrice, Pharès jongle également avec les lettres pour (re)composer des mots en franbanais (français/libanais) qu'elle épingle avec sa « Madmozél ». Quatre questions à l'artiste.
Comment a démarré la série « Madmozél » ?« Madmozél » est née en 2010 dans L'Orient-Le Jour. C'est la cousine de « Abou Ras », un autre de mes personnages qui explore le langage libanais. Réalisant qu'il existe des MNIL (mots non identifiés du langage libanais) que nous utilisons au quotidien, par exemple « kalamantina » « bomor » « dériéréta » « mhastra » « madamté »... « Madmozél » décide de les rassembler et les illustrer avec humour. La coquine scrute donc l'intrusion des mots étrangers dans le langage parlé libanais et aura toujours du pain sur la planche tant qu'il...
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