De jeunes Palestiniens livrent des histoires de vie.
Les yeux baissés sur leur feuille de papier, une dizaine de jeunes font les cent pas en murmurant leur texte. Hier, ils ont présenté la première de Pick a land for me au théâtre Babel. Originaires des camps pour la plupart, ils ont suivi un atelier avec la compagnie Zoukak, afin de s'exprimer sur leurs expériences personnelles, tout en s'inspirant du célèbre poète palestinien Mahmoud Darwish. Il s'agit là de leur destin commun, leur héritage culturel, aussi lourd soit-il, «voire oppressant», que traduisent les textes de Mahmoud Darwish, explique Maya Zbib, codirectrice de Zoukak, tout en soulignant la beauté de ces derniers. Les jeunes comédiens reprennent donc les notions-clés de ces poèmes, comme l'arbre généalogique, le prénom et l'occupation. Ils ont construit leur pièce en pratiquant, dans un premier temps, des exercices physiques sur lesquels est venu se greffer le scénario qu'ils ont écrit. Le tout donne un ensemble dynamique où l'expression corporelle tient une place remarquable.
Pour beaucoup d'entre eux, cette pièce est importante, car c'est l'occasion d'être entendus dans une société où ils ont rarement la parole. Les jeunes comédiens se réjouissent de pouvoir s'exprimer et raconter leurs histoires au grand public. «La beauté de cette pièce, explique Batoul, 25 ans, c'est qu'elle est vraie. Elle représente ce que nous sommes. Cette pièce, c'est Salma, c'est Jihad, c'est moi... C'est nous.»
*La pièce se donne ce soir encore, 4 juin, à 20h30.

