La plupart des constructeurs fêtent les anniversaires de leurs modèles les plus emblématiques, surtout lorsqu'ils sont toujours produits. En 2013, c'était notamment le cas de la Porsche 911 lancée en 1963. Et cette année, un autre mythe automobile arrose aussi ses 50 ans : la Ford Mustang. Quelles sont les raisons qui expliquent le succès de la plus célèbre des muscle-cars ?
Alors que la 911 n'a pratiquement jamais cessé de connaître le succès au gré de ses évolutions, la Ford Mustang a connu un parcours plus chaotique. Véritable succès à son lancement en 1964, puis durant ses premières années, elle dut s'adapter aux évolutions des réglementations fiscales puis aux chocs pétroliers, au point d'y perdre son caractère et son attrait du milieu des années 70, jusqu'au milieu des années 2000. Pourtant, elle figura toujours au catalogue du constructeur américain et s'écoula suffisamment, essentiellement sur son marché domestique, pour éviter la disparition.
Une telle longévité, en dépit des circonstances évoquées, s'explique d'abord par l'extraordinaire engouement provoqué à sa sortie. Le 17 avril 1964, le charismatique directeur général de la Ford Motor Company, Lee Iacocca, dévoile la Mustang lors de la foire internationale de New York, en orchestrant un véritable show. 22 000 commandes sont enregistrées le jour même, alors que la voiture n'est pas encore disponible et ne peut être essayée. Le modèle plaît manifestement au public, confortant ainsi la vision de Iacocca initiée cinq ans plus tôt. Il a effectivement anticipé le fait que les enfants du baby-boom, mais pas seulement, les femmes aussi et les classes moyennes également, désirent une voiture compacte, sportive, aux lignes élégantes d'inspiration américaine, proposée à un prix compétitif. Le concept du « Pony Car » vient de naître aux USA.
Lee Iacocca avait constaté le succès de la Volkswagen Coccinelle et l'absence d'alternative dans l'offre des constructeurs américains. Il y avait bien les marques anglaises présentes sur le marché avec de petits roadsters, mais ceux-ci étaient jugés moins pratiques, plus inconfortables et d'une fiabilité souvent critiquable. La VW régnait sans partage, en Europe comme aux USA.

