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Culture - Spectacle

Le Printemps arabe n’a pas que des avantages... même au théâtre

Dans le sillage d' « Othello, variation pour trois acteurs », « L'Avantage du printemps », d'Avignon à Beyrouth, texte d'Olivier Saccomano et mise en scène de Nathalie Garraud (à la salle Montaigne de l'IF), met le doigt sur les conflits Occident-Orient et débusque les clichés d'un rapport aux visées souvent fallacieuses.

Deux acteurs, une jeune femme et un jeune homme (Mitsou Doudeau et Omar Abi Azar), sont au cœur des répétitions d'Othello de Shakespeare. Monde du théâtre, reflet d'une certaine réalité. Celle du monde arabe après son (ses!) printemps... En esquivant un peu les dérapages obscurantistes d'un renversement dont on attendait pourtant beaucoup, tout en comptabilisant scrupuleusement les acquis positifs.
Othello: un Maure, fils d'une civilisation traitée par-dessus la jambe qui épouse une blonde vénitienne à la peau nacrée, fille de sénateur de la ville des Doges... Fantasme et drame d'amour des différences certes matées, mais aussi et surtout regard sur les rapports d'argent et de société. Les siècles sont gommés et l'extrapolation est vite établie : voilà que les jeunes gens sur scène évoquent les particularités de leur appartenance respective. Une confrontation à cœur et mots ouverts.
Elle est européenne et lui oriental. À chacun ses obsessions, ses angoisses, sa voie de sortie. Le schéma des contradictions fait vite surface et les clivages s'ouvrent comme des béances à combler. Ou à
éviter!
Que voit-on chez l'autre? Qu'espère-t-on de l'autre ? Un Occident aux abois avec son insécurité, sa servitude au travail, ses craintes pour l'euro, sa phobie des guerres, de la misère, des révolutions. En face, cet artiste né de la révolution arabe louche du côté de la garantie financière, des productions assurées, de la reconnaissance internationale, du travail à horaire régulier...
À travers un dialogue vif et percutant, truffé d'un humour nourri d'ironie et de sarcasme (et d'amères certitudes !), la pièce, courte mais efficace dans son énoncé, est un duel à fleurets mouchetés. Voire un exercice de style pour défendre et dénoncer a priori, et idées reçues concernant le syndrome Est-Ouest. Pour des stéréotypes culturels ou de société considérés comme vérités. Et aujourd'hui au grand jour comme secret de Polichinelle.
Dans un décor dépouillé, avec des mots simples mais qui ne manquent pas de truculence, d'acidité et de chair, deux acteurs se découvrent pour mieux retrouver les personnages qu'ils interprètent. Une performance tribune ouverte comme un forum où les échanges de paroles sont éclairants et enrichissants. Un travail engagé, certes bref mais prenant et agitateur des consciences.
L'Avantage du printemps est une coproduction European Mena Cultural Exchange en partenariat avec Zoukak Theater Company et le soutien de la Maison des Métallos et du Festival d'Avignon.

E.D.

Deux acteurs, une jeune femme et un jeune homme (Mitsou Doudeau et Omar Abi Azar), sont au cœur des répétitions d'Othello de Shakespeare. Monde du théâtre, reflet d'une certaine réalité. Celle du monde arabe après son (ses!) printemps... En esquivant un peu les dérapages obscurantistes d'un renversement dont on attendait pourtant beaucoup, tout en comptabilisant scrupuleusement les acquis positifs.Othello: un Maure, fils d'une civilisation traitée par-dessus la jambe qui épouse une blonde vénitienne à la peau nacrée, fille de sénateur de la ville des Doges... Fantasme et drame d'amour des différences certes matées, mais aussi et surtout regard sur les rapports d'argent et de société. Les siècles sont gommés et l'extrapolation est vite établie : voilà que les jeunes gens sur scène évoquent les particularités de...
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