C'est un poète bien de chez nous qui a écrit, en parlant de tous ces Libanais qui ont été conquérir le monde :
« Nous avons secoué cette planète immense,
Nous avons labouré, jadis, les continents... »
Notre papa, Edgard, a, lui, littéralement labouré les continents, il a labouré en tout cas ce continent du Moyen-Orient dans toutes les directions possibles, avec toujours la même obstination, avec toujours ses grandes idées, avec sa passion, avec son obsession de construire et de bâtir.
Il y avait, bien sûr, les affaires et les projets, les grands projets de routes dans le désert, les projets d'irrigation ou d'assainissement de terres agricoles...
Mais il y avait aussi, et surtout, son indéfectible besoin de tout réformer, de défendre la veuve et l'orphelin, et ses colères mémorables face aux injustices de cette région du monde qu'il connaissait si bien.
Il était tour à tour Don Quichotte et Robin des Bois.
Il a été l'ami et le conseiller des plus grands, mais il a été surtout l'ami et le confident des plus petits, livreurs de journaux ou livreurs de gaz, caissiers ou petits fonctionnaires, avec lesquels il se plaisait à partager des heures entières en s'inquiétant de chacun en particulier.
Il restera pour nous ce grand conquistador tout rempli de tendresse et ce grand idéaliste qui savait pourtant tout de la dure réalité.
Il nous restera son sourire de père, ce sourire tendre et taquin, jusqu'à la veille même de sa mort.
Ce sourire-là, il est impossible de l'oublier.
Merci pour tout ça, papa.
Merci pour ton amour immense.
Tes enfants
Agenda - Hommage
En souvenir de notre papa, Edgard Toutounji
OLJ / le 08 mai 2014 à 00h00

