Un jeune homme, matricule 3005, est condamné à mort à la suite d'un attentat ayant fait des centaines de victimes. L'exécution a lieu dans quelques heures. Alors que les médias se plaisent à relayer les informations dans un monde où l'image a définitivement pris le pas sur la réalité, 3005 voit se succéder les différents protagonistes de son histoire pour une ultime visite.
Quel secret chacun de ces personnages garde-t-il précieusement? Et qu'est-ce qui les lie? Qu'est-ce qui nous amène parfois à agir au-delà de nous-mêmes? Et qui est en fait 3005? Un être désespéré, un héros pénitentiaire attendant sa mort? Autant de questions posées dans cette intrigue qui met le spectateur face à la dure réalité.
L'histoire racontée dans Kamikaze n'est pas une histoire simple. Sa violence est la même diffusée quotidiennement par les journaux, les livres ou les écrans. Dans sa note d'intention, Nebil Daghsen (metteur en scène, mais aussi auteur, acteur et chanteur du groupe Kelem) affirme: «Ce que je recherche à travers Kamikaze, c'est de faire cohabiter l'écran et l'acteur, le plateau de tournage et la scène. Le passage de l'un à l'autre procure ainsi une vision terrifiante. Où se situe le vrai, ce que je vois et ce que je crois avoir vu? Ce n'est pas un tour de magie. Il s'agit plutôt de restituer une distance irréductible entre l'image et le réel.»
«Quand on regarde la télévision, on a toujours envie d'élargir le cadre pour savoir ce qu'il y a au-delà, dit-il encore. C'est le problème de l'information. Or, c'est le hors cadre que je souhaite montrer au public.»
Et de poursuivre: «Chacun des protagonistes de ce huis clos glisse lentement vers une destinée qui lui échappe inexorablement. Tous se sentent emportés par quelque chose qui les dépasse. L'action dramatique varie selon le regard de chacun. Il fallait donc trouver un rythme fluide aux relations entre les acteurs et les écrans, les corps et les images, la temporalité de l'action réelle et celle de la vidéo.»
Fiche technique
Mise en scène et écriture : Nebil Daghsen
Assistante mise en scène : Laura Couturier
Avec : Nejma Ben Amor,
Nebil Daghsen, Sania Ginzburg, Vincent Paillier, Lyazid Khimoum et Laura Couturier
Musique et création sonore : Mazyar Zarandar
Scénographie et costumes : Tomoyo Funabashi et Nebil Daghsen
Vidéo : Pierre Goupillon et Lucile Latour
Lumières : Sabri Atrous
Coproduction : El Teatro Tunis, La Spedidam, Forum Boissy-Saint-Léger, Ma Q.

