X

Culture

Pour Reem Yassouf, l’enfant prend son envol

Accrochage

Reem Yassouf a adressé au monde entier un message de la part de l'enfance meurtrie. Une exposition teintée à la fois de joie et de mélancolie qui se déroule à la galerie Art on 56th jusqu'au 5 mai.

26/04/2014

Sur une série de toiles au canevas rugueux rehaussées par une installation scénique, la jeune artiste syrienne a créé un univers apparemment paradisiaque. Il y a des enfants, des hirondelles et des cerfs-volants dans ce travail quasi monochrome de Reem Yassouf. Sauf que tout n'est pas aussi beau ni très joyeux. L'artiste s'est servie de ces médiums naïfs qui évoquent l'enfance (papiers et dessins) pour parler des gosses maltraités partout dans le monde.
Pas de couleurs vives ni violentes sur les toiles de Yassouf, mais uniquement des couleurs de terre, de sable transpercé par du noir et du blanc. «Contrairement à ma dernière exposition, je n'ai pas usé de couleurs agressives mais celles de la terre car c'est de là que l'homme est issu et c'est à cette terre qu'il retourne», dit Yassouf.
Après des études de beaux-arts à Damas, l'artiste a présenté successivement ses travaux dans le cadre d'expositions collectives et individuelles en Syrie, au Liban et en Jordanie. Si, il y a un an, elle a traité le même sujet, c'était d'une manière plus sombre et plus noire qu'elle représentait cette enfance mutilée. Aujourd'hui, elle aborde de nouveau ce thème mais sous un angle plus clair. «J'ai voulu offrir à ces gamins qui vivent mal leur enfance une aire de jeux où ils pourraient s'amuser à loisir.»
«Donnez à un gosse un papier et un crayon, il peut vous colorier le monde», dit encore Reem Yassouf. C'est lui qui mettra sa touche et ses harmonies. Dans un coin de la galerie, l'artiste a installé des cerfs-volants et des papiers sur lesquels un gosse a griffonné quelques mots. Les hirondelles sont là pour renforcer l'idée de départ, mais aussi de liberté. Mi-enfants mi-anges, si l'ombre de la mort plane sur la toile, elle est contrebalancée par une lumière interne qui ouvre des fenêtres d'espoir.
Les gamins, eux, prennent des ailes et s'envolent comme les hirondelles vers le ciel. Ce n'est plus la terre, mais vraiment le paradis qui est dépeint chez cette artiste, qui a su croquer l'élévation et la liberté. Reem Yassouf ne se lamente pas sur le sort des enfants, mais essaye par contre de sublimer leur sort en les transcendant et en les élevant vers des lieux meilleurs. «Car, en dépit de toutes les circonstances, l'enfant demeure plus fort que le désespoir», conclut-elle.

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Pour le courant du Futur, une restructuration...et des changements

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué