La « Ashoura » selon Morteza Khosravi.
L'exposition offerte au regard n'est pas simplement une série de toiles bien accrochées, mais une plongée dans le cœur d'un pays et de son immense patrimoine culturel et artistique. Un legs qui se transmet à travers ces artistes jeunes et moins jeunes.
En effet, en observant les œuvres aux techniques très différentes fusionnant, d'une part, aquarelles et acryliques et, de l'autre, passé et futur, un fil indicible semble relier les sensibilités de ces artistes. Ainsi, si certains comme Nasim Taghipoor et Mohammad Ali Kariman sont hantés respectivement par les meurtrissures de la guerre (ayant eu son père handicapé lors du conflit Iran/Irak), les mutilations et les injustices commises à l'encontre des enfants (fœtus nimbant dans les strates en couleur d'un arc-en-ciel), d'autres, à l'instar d'Amir Tabatabaei, Safa Kasaei ou Arman Esmail, évoquent avec des aquarelles ou des surfaces monochromes les animaux. Les bêtes, différemment traitées, véhiculent messages et frustrations.
Par ailleurs, des sujets relatifs à la société occupent aussi l'esprit de ces peintres comme le thème de « Ashoura » (du réalisme rarement vu) par Morteza Khosravi ; les relations enfant/mère et l'attitude des femmes, selon Maryam Tabatabaei, et celles-ci robotisées, déglinguées, poupées de cire au regard fixe et triste de Hena Hanzali. Une vision futuriste transparaît également de ce collectif comme les collages quasi « daliesques » de Mahsa Karimi, contrastant avec le côté passéiste, néanmoins très gai de Reza Hedayat qui présente une maxi-toile travaillée en négatif, mêlant faune et flore et rappelant ainsi les tapisseries iraniennes.
Niloofar Keyhani, Nahid Kazemi, Elham Fatemi, Milad Khanevadeh complètent ce beau tableau humain où paysages floraux, portraits et touches naïves cohabitent sans aucune dissonance. Une visite qui vaut le détour.
*Artlab, jusqu'au 26 avril. Du mardi au samedi, de 9h à 13h et de 15h à 19h. Tél. : 03/244577.

