Jacques Mokhbat, Valérie Debahy, Jean-Pierre Toutoungi et Marc Khoury pris dans les situations imprévisibles.
Michel et Nicole sont divorcés depuis deux ans. Malgré leur séparation, les ex-époux habitent sur le même palier et ont une fille qui, supportant mal cette épreuve, habite à l'étage du dessus. Chacun de son côté essaye de refaire sa vie. Si Michel semble batifoler et possède un carnet de chasse assez chargé, Nicole, de son côté, ne s'en prive pas. Après avoir mis le grappin sur un prof de gym au QI diamétralement opposé au poids de ses muscles, c'est en compagnie de son patron, de nature flegmatique, qu'elle essaye de retrouver un peu de tranquillité. Une tranquillité difficile à instaurer avec le nombre de téléphones qui sonnent à longueur de journée dans son appartement.
C'est ainsi que débute cette pièce écrite par Francis Joffo et réalisée au Liban par Hassan Behrouz Lavassany, qui offre une mise en scène fidèle au vaudeville.
Animée par une volonté de poursuivre son aventure théâtrale, la compagnie Free-Vol, composée de comédiens amateurs et encouragée par les associations qui lui ont fait confiance l'an dernier dans la pièce Quelle famille, présente ce Face à face au profit de différentes œuvres de bienfaisance. La compagnie encore jeune, puisqu'elle a fait ses premiers pas il y a un an, commence réellement à prendre son
envol.
L'action démarre donc avec les trois caractères principaux : Valérie Debahy campant une Nicole à la limite de l'hystérie, Jean-Pierre Toutoungi dans le rôle de Michel, pleutre et aimant encore sa femme mais trop orgueilleux pour l'avouer, et enfin Jacques Mokhbat, dans celui de Paul, l'amoureux transi mais maladroit, amorphe à souhait au début de la pièce, mais dévoilant ses cartes par la suite. Ce sont ces personnages qui donnent véritablement le ton, permettant néanmoins aux caractères secondaires (Léa Saadé, Marc Khoury, Élie Nabaa et Stéphanie Hanna) de s'introduire chacun à son tour dans la trame, les soutenant parfois au détour d'une maladresse ou d'une omission.
Le face-à-face auquel font face tous les protagonistes est parsemé de surprises, émaillé de situations renversantes. Si l'action peine à démarrer au début de la pièce, elle reprend très vite une bonne vitesse de croisière dévoilant même un revirement dans le caractère de certains personnages. Pour leur part, les comédiens ne tardent pas à reprendre leurs marques et sont attachants par l'attention qu'ils portent aux rôles secondaires. Ainsi Léa Saadé, nouvelle recrue dans cette compagnie, a retrouvé sa place avec aisance et joue à merveille son rôle de maîtresse câline et enjôleuse.
Cette comédie, où l'on rit souvent de bon cœur, emprunte au vaudeville certains de ses codes. Avec moins de portes qui claquent et une étude plus approfondie des caractères, la compagnie Free-Vol mérite, dans ce Face à Face, qu'on ne lui tourne pas le dos.

