Mourinho, qui sait ce qu’un groupe ayant faim de titres peut réaliser, se méfie de Paris. Son expérience, son charisme et sa science de la gagne seront les meilleurs atouts de Chelsea pour ce printemps de tous les dangers. Glyn Kirk/AFP
Le maître tacticien portugais n'a d'ailleurs pas attendu pour mettre ses joueurs sous tension. Très déçu par la surprenante défaite à Crystal Palace (1-0) qui a fait perdre aux Blues la tête du championnat au profit de Liverpool, il a critiqué le manque d'esprit guerrier de son équipe.
Ce reproche vise notamment certains de ses plus jeunes joueurs. Et « Mou » de tirer face à la presse une sévère conclusion de la défaite à Crystal Palace : l'occasion de remporter la Premier League s'est envolée, même si les Blues, deuxièmes à deux points des Reds, ont en réalité encore toutes leurs chances. Il s'agissait surtout pour Mourinho, expert en l'exercice, de piquer au vif l'orgueil de son équipe, à présent que se profile ce quart de finale intense face à un PSG qui rêve de dominer l'Europe dans les prochaines saisons.
Maître incontesté du « mind game », la guerre psychologique, le Portugais en joue autant pour réveiller les siens que pour mettre l'adversaire sous pression. Ce qu'il n'a pas manqué de faire en déclarant ces derniers jours à la presse anglaise que Paris était « un gros, gros, gros candidat » pour la victoire finale.
De l'expérience partout
En faisant du PSG un favori à la victoire finale, Mourinho, qui vise un troisième sacre européen avec trois clubs différents (après Porto en 2004 et l'Inter Milan en 2010), cherche autant à mobiliser son équipe qu'à déstabiliser le champion de France.
Pourtant, si le vécu européen de Chelsea (vainqueur de la C1 en 2012, de l'Europa League l'an passé) depuis une décennie est incomparable à celui du Paris SG, l'expérience n'est pas plus grande chez les Blues à titre individuel. Avec des joueurs comme Ibrahimovic, Thiago Motta ou Thiago Silva, rompus aux joutes de la C1, les Parisiens auront du répondant en la matière face aux Terry, Cech et autres Lampard.
Qui plus est, en se sachant promis au titre de champion de France avec 13 points d'avance sur leur dauphin Monaco, les Parisiens ont eu le privilège de préparer en toute quiétude ce rendez-vous européen en s'économisant lors des derniers matches de championnat.
Une sérénité renforcée par le niveau exceptionnel affiché cette saison par leur arme fatale, Ibrahimovic, auteur de dix buts cette saison en C1 (40 en 42 matches toutes compétitions confondues) qui ont largement contribué à porter à 28 leur nombre de matches européens sans défaite au Parc des Princes.
Autour de lui, le Suédois pourra compter sur un Cavani dont les dirigeants qataris espèrent qu'il justifiera un peu plus les 64 M EUR investis sur lui l'été dernier, et sur ce trio du milieu Verratti-Motta-Matuidi que l'Europe envie à Paris.
Du talent, le Chelsea que bâtit « Mourinho 2.0 » n'en manque pas non plus avec Hazard, Oscar, Ramires ou Willian, des pépites que le technicien portugais estime « toujours en phase d'apprentissage ».
Reste désormais à savoir qui de Chelsea ou de Paris imposera à l'autre son expérience et/ou son talent.
(Source : AFP)
Mourinho, l'homme qui a fait Chelsea
Avant le premier règne de José Mourinho dans la capitale anglaise, le Chelsea FC ne figurait pas parmi les meilleurs anglais. Les Blues appartiennent aujourd'hui au gotha européen et ils débutent chaque compétition avec l'espoir de la remporter. Le technicien portugais, vainqueur de la Ligue des champions avec Porto (2004) et l'Inter Milan (2010), espère réussir une passe de trois inédite aux commandes de son club de cœur.
Malgré la défaite concédée samedi sur la pelouse de Crystal Palace (1-0), Chelsea est loin d'avoir hypothéqué ses chances en Premier League. Le club de l'ouest de Londres pointe à deux longueurs du leader Liverpool à qui il rend visite le 27 avril, et reste deux points devant Manchester City (3e) qui compte toutefois deux matches en retard.
Le roi de l'intox
Les joueurs de José Mourinho rivalisent également sur le plan continental. Après une première phase assez tranquille, où les Blues ont remporté quatre matches (Schalke 04 et le Steaua Bucarest, deux fois) pour deux échecs (contre Bâle), le huitième de finale face à Galatasaray (1-1 en Turquie puis 2-0) n'a pas donné davantage d'indications sur le potentiel réel de cette équipe.
Chelsea n'a affronté aucun cador dans la plus prestigieuse compétition européenne et il va se coltiner un PSG beaucoup mieux armé que les années précédentes. Il possède l'avantage de disputer le match retour à Stamford Bridge, quoi qu'en dise Mourinho (en bon roi de l'intox, le coach lusitanien avait déclaré qu'il aurait préféré se déplacer au match retour car ça donnait éventuellement 30 minutes supplémentaires pour marquer à l'extérieur en cas d'égalité à la fin du temps réglementaire).
Un tacticien à connotation défensive
Chelsea ne donne pas toutes les garanties de solidité requises. La démonstration face aux Gunners (6-0 il y a 10 jours) ne doit ni faire oublier la faiblesse récurrente d'Arsenal en défense ni les deux défaites enregistrées depuis quinze jours, sur le terrain d'Aston Villa puis samedi à Crystal Palace (1-0 à deux reprises).
Le constat est limpide. Chelsea est plus à l'aise pour contrer les gros que pour faire le jeu face à des équipes regroupées. Les Londoniens ont dominé Liverpool (2-1) fin décembre, et ils ont maté Manchester City à l'aller comme au retour, avec un bloc équipe ultra-efficace, digne de l'Inter de 2010, celui du triplé, alors entraîné par maître Mourinho.
La légende de retour
Comme d'habitude, le technicien portugais demande à ses joueurs de l'abnégation et un sens du sacrifice pour le collectif. Chelsea ne fait le spectacle que dans un jour faste. Jamais avant d'avoir assuré le résultat, en Premier League comme en C1. Cette méthode appliquée par le Special One a fait ses preuves même si le passage de Mourinho au Real Madrid peut être considéré comme un semi-échec comparativement à ses pérégrinations passées (FC Porto, Chelsea déjà, Inter Milan).
Vainqueur de seulement une Liga, une Coupe du Roi et une Supercoupe d'Espagne en trois saisons à la Maison blanche, José Mourinho a échoué à replacer le Real devant le grand Barça. Il n'a pas réussi à offrir sa 10e Coupe d'Europe au club le plus titré. Cet échec l'a incité à partir pour retrouver son club fétiche. Les fans des Blues n'ont pas oublié que c'est grâce à lui que Chelsea a vraiment décollé il y a une décennie.
De juin 2004 à septembre 2007, Mourinho a fait d'une équipe de seconde zone la référence en Angleterre, devant Manchester United ! Deux championnats, deux Coupe de la Ligue et deux demi-finales de Ligue des champions (contre Liverpool). Cela lui vaut d'être élu deux fois de suite manageur de l'année outre-Manche.
Le « papa » des joueurs
Même si les titres européens de Chelsea arriveront plus tard (Ligue des champions en 2012, Ligue Europa en 2013), Mourinho a le droit d'en revendiquer une part à défaut de la complète paternité. Petr Cech, John Terry, Ashley Cole, Franck Lampard ou Didier Drogba ont pris une dimension énorme grâce à lui et ces hommes-là, toujours reconnaissants, ont été les hommes-clés du triomphe de Munich.
Mourinho est revenu au Chelsea FC pour gagner la C1 avec son club de cœur. Et ça marche dans les deux sens. Si les Blues doivent (presque) tout au Special One, José Mourinho doit beaucoup aux millions de Roman Abramovitch qui lui ont permis de bénéficier d'un effectif de qualité (William Gallas, Ricardo Carvalho, Lassan Diarra, Michael Essien, Claude Makélélé, Arjen Robben hier, Cesar Azpilicueta, Oscar, André Schürrle, Eden Hazard, Nemanja Matic, Willian, Demba Ba, Samuel Eto'o aujourd'hui).
Ce soir contre le Paris-Saint-Germain, les Blues de José Mourinho passeront un vrai test. Ils vont rencontrer une équipe séduisante et efficace, et un club qui ressemble beaucoup au Chelsea d'il y a dix ans, quand Mourinho commençait à forger sa légende.
(Source : Internet)
Eto'o forfait face au PSG
Sans grande surprise, l'attaquant camerounais de Chelsea est forfait pour le match face au PSG. Eto'o ne figure pas dans le groupe de 19 joueurs qui s'est envolé direction Paris hier peu avant midi. Victime d'une lésion musculaire aux ischio-jambiers le 22 mars dernier lors du festival offensif des Blues contre Arsenal (6-0), l'ancien joueur de l'Anzhi, absent lors de la défaite de Chelsea contre Crystal Palace le week-end dernier (1-0), est resté bien sagement à Londres pour se soigner en vue du match retour prévu le 8 avril.
Une absence de poids pour José Mourinho (8 buts inscrits par Eto'o cette saison en 19 matches de Premier League) qui, selon toute vraisemblance, devrait titulariser Fernando Torres en pointe. Buteur à Istanbul contre Galatasaray en 8es de finale aller, l'Espagnol demeure en panne de confiance avec 4 petits buts inscrits seulement en championnat. Ashley Cole manquera également à l'appel en raison d'une blessure au genou contractée début mars avant la réception de Tottenham (4-0). Mourinho devra aussi se passer de Nemanja Matic, sa tour de contrôle dans l'entrejeu, et Mohammad Salah, tous deux non qualifiés pour la suite de la compétition après avoir disputé la phase de groupes avec une autre équipe.


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