Antoine Sfeir au cours de sa conférence à la Sorbonne-Paris I.
Antoine Sfeir, conférencier aux universités libanaises, dont l'USJ, et avocat au barreau de Beyrouth, a donné une conférence au centre de recherche en droit constitutionnel à la Sorbonne-Paris I à propos du système constitutionnel libanais.
M. Sfeir a entamé sa conférence par un historique de l'établissement de l'État libanais, la genèse de la Constitution et les originalités du système politique libanais connu par sa portée confessionnelle, au niveau du statut personnel et de la représentation politique des communautés, laquelle vient établir un « mariage de droit » entre les dispositions juridiques générales concernant toute la population et les dispositions spéciales régissant les activités respectives des communautés.
M. Sfeir a élaboré dans un premier point une description générale de la Constitution de 1926 modifiée en 1927, qui avait aboli le système bicaméral du Parlement libanais, puis il a passé en revue les modifications constitutionnelles minimes qui ont eu lieu, notamment dans les années 1943 afin d'abolir les articles réglementant le mandat français.
Le conférencier a ensuite dégagé dans un second point les dispositions des modifications de 1990, qui sont moins nombreuses que celles de 1927 mais plus pesantes. Elles visaient la reconsidération du système parlementaire en entier avec un exécutif possédant de larges prérogatives mais qui se trouve pratiquement dans l'impossibilité de faire pression et de dissoudre le Parlement, ce qui a rendu notre système imparfait frôlant les critères du régime d'assemblée dans certaines de ses caractéristiques.
C'est ainsi que l'institution du Conseil des ministres fut établie, et le champ de compétence du Parlement réévalué ; tout cela au détriment du président de la République.
En outre, le rôle du président de la Chambre a été consolidé, avec son élection pour un mandat parlementaire complet de quatre ans, ce qui le transforme en président exécutif du Parlement avec un rôle prépondérant dans le processus législatif comme lors de l'élection du président de la République.
Antoine Sfeir a par la suite décrit les originalités du régime confessionnel qui vient assurer le management de la diversité qui caractérise le pays, en insistant sur le refus total de toute sorte d'abolition du confessionnalisme politique tout en indiquant que l'établissement d'un « État civil » pourra contribuer à la modernisation du système politique.
À la fin de la conférence, un débat a eu lieu entre M. Sfeir et l'audience constituée d'académiciens et de doctorants.

