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Culture - Street Art

Ashekman, des rappeurs libanais « Always Positive » !

« Always Positive » (« Deyman Ijebeh »), leur dernier single-vidéoclip, fait déjà un tabac sur les réseaux sociaux. Avec DJ Lethal Skillz, qui en signe le beat et le scratching, les jumeaux du rap libanais, Omar et Mohammad Kabbani, alias Ashekman, surfent sur la vague Happy, et invitent leurs compatriotes à toujours... positiver !

De faux airs de mauvais garçons pour ces trois pointures de la Street Art beyrouthine, posant ici devant un mur tagué Ashekman. Photo Hady Syriani

«Vivre au jour le jour, telle est ma philosophie» / «al-Haraké Baraké» (intraduisible, sinon peut-être par «l'activité est une bénédiction ») / «Je cherche la paix intérieure dans un pays sans (forces de) sécurité intérieure» / «Liban, coin de ciel où les Tarzan de la politique mangent la banane et son épluchure» / «Beyrouth, Suisse de l'Orient, nécessite un visa Shengen pour y entrer et deux heures pour y accéder» / «Hamdellah, Meché el-Hal... au pays des pneus brûlés».
Disponible sur YouTube, Deyman Ijebeh (« Always Positive »), dont voici des « extraits traduits », est le dernier single-vidéo-clip d'Ashekman. On y voit Mohammad et Omar Kabbani dans un taxi-service qui sillonne les rues de Beyrouth – de Gemmayzé à la corniche, en passant par Hamra – en train d'égrener une litanie de constats critiques sur un ton de dérision faussement bonhomme.

 

 


Ces deux-là font parler les murs. Ils font parler la rue. Scandant haut et fort, sur un rythme offensif et saccadé, ce que les gens de leur génération et plus généralement les Libanais pensent tout bas. Sur Beyrouth et ses clivages, son miroir aux (dés)illusions, ses pollutions diverses...
Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'ils ont choisi de baptiser leur hip-hop crew Ashekman. Un libanisme désignant le pot d'échappement, et par lequel ce duo de frères jumeaux fait référence aux émanations de gaz toxique. Toxique, comme tout ce qui «empoisonne» la vie de ces Beyrouthins amoureux de leur ville: des embouteillages à la corruption généralisée... Poisons qu'ils évacuent en morceaux de rap rageur ou encore en graffitis (de calligraphies arabes coufique et diwani stylisées) sur les murs de la ville.


Après Nacher Ghassil (de linge sale, bien entendu!), leur premier CD et gros succès sorti en 2007, puis les albums Ashekmanphobia et Ya Reit, les voilà qui reviennent donc avec Deyman Ijebeh*, un single-vidéo-clip à la veine moins bagarreuse que les précédents et plus « Happy ». Le duo d'Ashekman se veut cette fois positif envers et contre tout. Enfin, ironiquement positif. Car ce que disent ces rappeurs entre les lignes, les jeux de mots et les rimes, est comme toujours férocement, cyniquement lucide. Avec aussi, comme toujours, cette pointe de nostalgie de l'âge d'or de Beyrouth. Celui chanté par Feyrouz, Sabah ou Wadih el-Safi, que ces trentenaires, émules de NTM et IAM, cultivent façon ex-fans des sixties... libanaises.

 

*Production indépendante, sous le label de Phonomefodz Productionz, à laquelle ont collaboré : Hady Syriani, Mounir Haymadous, Pierre Khoury, Khalil Abourrousse et François Monayer.

 

«Vivre au jour le jour, telle est ma philosophie» / «al-Haraké Baraké» (intraduisible, sinon peut-être par «l'activité est une bénédiction ») / «Je cherche la paix intérieure dans un pays sans (forces de) sécurité intérieure» / «Liban, coin de ciel où les Tarzan de la politique mangent la banane et son épluchure» / «Beyrouth, Suisse de l'Orient, nécessite un visa Shengen pour y entrer et deux heures pour y accéder» / «Hamdellah, Meché el-Hal... au pays des pneus brûlés».Disponible sur YouTube, Deyman Ijebeh (« Always Positive »), dont voici des « extraits traduits », est le dernier single-vidéo-clip d'Ashekman. On y voit Mohammad et Omar Kabbani dans un taxi-service qui sillonne les rues de Beyrouth – de Gemmayzé à la corniche, en passant par Hamra – en train d'égrener une litanie de...
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